DES FOTiF.TS. I ~ I
l'autre, nous ne trouvons point en quoi une futaiequi donnerait un revenu annuel d’une fixité bienassurée, vaudrait moins ou serait moins avanta-geuse pour un particulier que pour l’État. Il esttres-posilivement reconnu que la propriété privéeest désormais impuissante «à créer des massifs defutaie ; mais, d’un autre côté, des preuves histo-riques établissent que beaucoup de forets parti-culières ont existé sous cette forme. Or, à revenuégal , une forêt en futaie est à coup sûr aussi utilequ’uneforêten taillis, puisque ce sont descapitauxà productions identiques. Dès lors, comment sefait-il qu’aucun massif de futaie n’ait pas été jusqu’ànos jours transmis héréditairement dans les richesfamilles? Un fait certain , c’est qu’on ne voit plusde futaie pleine dans le domaine des parliculiers(i);mais ce fait, quelque indubitable qu’il soit, nousparaît encore entièrement inexpliqué.
De ce qu’une forêt appartient à un particulier,on ne serait donc pas fondé à conclure qu’elle estnécessairement constituée en taillis; et, récipro-quement, de ce qu’elle appartiendrait à l’Etat,on ne pourrait pas davantage en tirer la consé-quence qu’elle doit être aménagée en futaie. La
(1) La propriété privée peut encore posséder, à l’état de fu-taie, des forêts semblables à celles dont il a été question page163 , mais ces forêts seront converties en taillis aussitôt quela matière ligneuse y aura acquis une certaine valeur vénale.Les forêts princières font une autre exception à la règle.