POUR UN TEUNE ARCHITECTE. IOt
causc da peu de largeur des trumeaux,dans une maison ordinaire,on sc croie obligé de faire les murs de face tout en pierre de taille,il n’y a pas de raison au moins pour construire ainsi les murs derefend <Sc mitoyens ; c’est une prodigalité ruineuse , & c’est jeterl’argent par la fenêtre, que de ne les pas exécuter en moilons durs& en briques , avec seulement des chaînes en pierres où elles sontindispensables.
On peut dire que la construction des bâtimens est véritablementun tissu d’abus, où les routines tiennent lieu de principes : c’est unart où l’on peut faire en quelque sorte toutes-les sottises que l’onveut impunément, ainsi que vous pourrez le remarquer par tousles détails où nous allons entrer.
Article Pr emier.
Des Us & Coutumes, & des Devis.
Pour ne pas confondre toutes les idées, je vais vous faire par-courir par ordre les attentions qu’il conviendroit fans cesse d’ob-server dans l’exécution d’un bâtiment, afin qu’en les comparantavec ce qui sc pratique journellement, vous soyez en état de dis-tinguer avec connoissance de cause ce qui constitue la bonne cons-truction.
Je suppose que votre projet soit distribué dé maniéré à tirertout l’avantage convenable de l’emplacement où il s’agit de l’exé-cuter ; que vous avez eu égard à toutes les contraintes & aux dis»férens nivellemens du local ; que vous avez donné à vos murs, desépaisseurs proportionnées aux fardeaux qu’ils doivent porter; quevous avez réparti tous vos matériaux avec l’intelligence nécessaire;& qu’en un mot vous avez concilié l’économie avec la solidité.
Je suppose encore que vous êtes instruit des usages relatifs auxservitudes respectives des bâtimens voisins, par rapport soit auxdifférens allignemens, soit à i’écoulement des eaux, soit aux fujé-