ïoo Instructions
compare avec ces chefs-d’œuvre la plûpart de nos bâtisses modernes**on verra qu’on donne souvent à nos voûtes jufqu^k deuxpieds d’épaiíTeur ; de-lk vient que leurs clavaux, qui ressemblentà des coins, ont une poussée prodigieuse qui oblige d’augmenterla force des murs à proportion.
Mais fans remonter k des tems reculés, avant le íìecle dernier,il s’en falloit bien qu’on fût auíli prodigue qu’onl’est devenu de-puis de pierres de taille : on s’cn fervoit le plus souvent pour lamontre , & comme d’une efpece de lambri capable de décorerl’extérieur d’un bâtiment : le dedans des murs étoit en moilon ou enbriques. Lorsque l’on fit, il y a quelques années, le percement duguichet Marigny dans le rez dc-chaussée de la grande galerie du Lou-vre exécutée fous Henri II, on fut tout étonné de ne trouver quedes plaquis de pierre de taille de huit ou neuf pouces d’épaisseur,qui mafquoient des murs de moilons très-durs, maçonnés avec dumortier de chaux & fable. On s’imagina que c’étoient les Entre-preneurs de ces tems-lk qui a voient trompé : il ne vint k la penséede personne que la tromperie eût été trop publique & trop gros-sière, mais qu’on l’avoit fait au contraire exprès, par épargne & kdessein de diminuer la dépense de cet édifice. Le Palais Royalexécuté aux dépens du Cardinal de Richelieu, qui avoit assuré-ment le moyen de payer, fut en grande partie construit de cettemaniéré : toutes les fondations, ainsi qu’on l’a observé depuis peudans les démolitions qui ont été faites de plusieurs corps de bâti-mens , surent exécutées seulement en moilons durs ; la plûpartmême des murs de face extérieurs éroient aussi revêtus de pierresdétaillé apparentes, tandis que leur intérieur étoit en moilons.
II n’est pas moins inutile de mettre de gros murs dans unbâtiment , comme on le fait souvent, lorsqu’il n’y a ni plan-cher ni charge quelconque k supporter, & où la plus simple cloi-son peut suffire. II y a plus d’art qu’on ne croit k répartir avecune intelligence économique les matériaux dans un bâtiment, afinde ne point multiplier les objets fans nécessité : car supposé qu’k