Buch 
Mémoires sur les objets les plus importans de l'architecture / par M. Patte ...; ouvrage enrichi de nombre de planches gravées en taille-douce
JPEG-Download
 

i^3 Instructions

pas suppléé k une opération si simple. Aussi ai-je remarqué queJe mortier qui en est résulté, est devenu en peu de tems durcomme du mache-fer , & s’est incorporé avec les pierres, de ma-niéré k faire avec elles un corps indissoluble : avantage qu’on ren-contrèrent difficilement dans nos édifices modernes.

Qui voudroit, en effet, se donner la peine d’examiner factionqu’opére le mortier sur les pierres de la plupart des bâtimens, se-roit très-étonné de voir qu’au bout de quelques années il n’aproduit aucune liaison entr'elles ; que les pierres ne se soutien-nent véritablement que par leur masse, leur coupe, leurs cram-pons , leur k plomb, leur retraite , & nullement par le secoursdu mortier. Jugez ce qu’on peut attendre pour la durée d’un édi-fice de matériaux ainsi divisés, qui ne font que contigus, fans in-hérence entr’eux, & si l’on n’a pas raison de se plaindre que nouslie bâtissons pas auísi solidement que les anciens & les Goths:la perfection du mortier est ce qui constituoic en grande partiel’excellence de leur construction.

La mauvaise qualité du moilon qu’on employé d’ordinaire dansles bâtimens ne contribue pas moins k accélérer leur ruine. Ce fontpresque toujours des pierres k demi formées, fans consistance, &joutes remplies de bouzin. En vain les ouvriers affectent-ils d’ôterce bouzin en les taillant pour les employer en parement , on re-marque que la plupart se pourrissent dan s l’humidité au lieu dedurcir. Comme l’on fait beaucoup d’usage de ces moilons dansles fondations des maisons ordinaires , il s’ensuit que leurs mursmanquant dès le bas d’une solidité suffisante , s’affaisent & s’écra-sent par la suite sous leur propre poids. Voilà pourquoi on voittant de murs boucler, sortir de leur a-plomb, se tourmenter detant de maniérés, occasionner enfin tant de reprises par-dessousoeuvre. Jugez, quand au lieu de bon mortier de chaux & fable,pn s’avise en pareil cas d’employer du plâtre dans les fonda-tions d’un bâtiment, combien une telle réunion doit opérer unefiâtisse vicieuse, & s’il faut chercher ailleurs les raisons des fré-*