LE BOEUF.
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IIISTOIUQUE.
lail une fois par semaine, ou plus souvent, vers un endroit élevé, nommé le Rodco;dans d’autres contrées cela ne se fait qu’une fois par an ; on profite de cette réunionpour châtrer les taureaux, généralement à l’âge de deux ans, et pour appliquer àtout le bétail, avec un fer chaud, la marque de son propriétaire. Ces animaux nediffèrent en rien, en apparence, de ceux qui sont entièrement sauvages.
Il n’est pas rare de voir en outre les propriétaires du pays posséder un certainnombre d’animaux complètement domestiques, qu’ils emploient au trait ou à don-ner du lait, dont ils font presque exclusivement des fromages; mais le service deslaiteries est si mal entendu dans ce pays, que l’Empereur du Brésil lui-même, quipossède les plus beaux troupeaux de l’univers, est obligé de tirer d’Irlande le beurrenécessaire à sa consommation, et qu’il ne peut recevoir ainsi qu’après une traverséede plusieurs mois. La viande du bétail apprivoisé est préférée à celle du bétail sau-vage. On enferme ces animaux dans des clos pendant la nuit, et le jour on les laissepâturer dans les prairies et les plaines environnantes.
C’est de ces troupeaux que proviennent les énormes approvisionnemens de peaux,qui forment le principal objet d’exportation des contrées du Rio de la Plata et del’intérieur. Azzara nous apprend qu’en 1796, l’exportation de peaux de Buénos-Ayres et Montevideo seulement était de 800,000 à 1,000,000 par an; mais pour sefaire une juste idée du carnage continuel exercé sur ces immenses troupeaux, nousdevons avoir égard à la prodigalité de la consommation intérieure, qui excède toutce qu’il est possible d’imaginer, et la destruction qu’en font les Indiens, qui lesvolent dans les fermes ou les poursuivent sans aucun but. En outre, la mortalité estexcessive parmi ces animaux, tant à cause des attaques des bêtes féroces, que par letourment que leur causent des nuées d’insectes vénéneux qui les poursuivent, etaussi grâces au traitement barbare que leur font éprouver leurs sauvages gardiens.U est permis d’espérer qu’un jour viendra où ces belles et riches contrées, pour les-quelles la nature a tant fait et l’homme si peu, au lieu de donner seulement deschargemens de peaux comme aujourd’hui, nourriront une population industrieuse,capable d’apprécier et d’utiliser tant de richesses naturelles.
Le bœuf caucasien a également été introduit dans l’Amérique septentrionale etles îles qui en dépendent, partout où les Européens ont formé des établissemens,et il s’y est acclimaté comme s’il eût été dans son propre pays. Aux Etats-Unis onl’élève avec autant de perfection, et on apporte les mêmes soins à 1 amélioration desraces par le choix des reproducteurs, que dans les contrées de 1 Europe où 1 on en-tend le mieux cette spéculation.
Dans les régions les plus chaudes de l’Asie orientale, on touve une espèce de bœulnommé Zébu , qui diffère tellement du bœuf ordinaire, que les naturalistes ignorent