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LE BŒUF.
HISTORIQUE.
graminées et les légumineuses abondent dans les pâturages, la taille des bœufss’agrandit; l’augmentation est plus sensible encore si l’on y ajoute une nourritureartificielle; enfin, dans les plaines les plus riches de toutes, où les produits natu-rels du sol sont habilement combinés avec les ressources d’une culture alterne, lesanimaux acquièrent le maximum de leur développement. Le bœuf des montagnesdu Sutherland et le bœuf des vallées du Yorkshire présentent à l’œil une telle di-versité de taille et d’aspect, qu’on pourrait presque les prendre pour deux espècesdistinctes, si nous ne savions pas que ces extrêmes sont liés par toutes les nuancesintermédiaires de taille, et que, d’ailleurs, tous leurs caractères spécifiques sontidentiquement les mêmes. On peut donc dire que, dans ce pays, nous possédonsdeux classes générales de races : 1° celles qui appartiennent aux districts monta-gneux et peu fertiles, et 2° celles qui sont propres aux plaines et aux terres riches.La première classe comprend les races du pays de Galles, des montagnes d’Ecosse et des bruyères d’Irlande, comme les races de Pembroke , des Highlands de l’Ouestet du Kerry. La seconde comprend la race à longues cornes et ses variétés, la racecourtes-cornes améliorée, et la race de Hereford. Il y a, en outre, une classe de racesintermédiaires entre les petites races de montagnes et les grandes races des plaines;telles sont celles de Galloway, d’Angus, et la belle race de North-Devon.
Après l’influence exercée par la fertilité naturelle ou acquise du sol, sur les mo-difications de formes et de caractères qui constituent les races, l’art et le choix desreproducteurs en ont une presque aussi importante. L’expérience démontre que lescaractères du taureau, aussi bien que de tous les animaux domestiques, se transmet-tent aux petits avec une constance surprenante, et deviennent permanentes par lareproduction entre individus semblables. Non-seulement la forme se transmet ainsipar hérédité , mais encore ces particularités de tempérament qui rendent les ani-maux plus particulièrement appropriés à quelque service spécial, comme la force autravail, la sécrétion de la graisse ou la production du lait. Ainsi, notons-lebien, àpart les caractères de races qui résultent de causes naturelles, il y a une classe par-ticulière de ces caractères que l’on obtient par l’éducation et le mode de traitementartificiel des animaux. Quelques-unes des plus belles races de l’Angleterre peuventêtre nommées artificielles à cause des moyens employés pour leur donner leurscaractères distinctifs; telle était la variété de la race à longues cornes formée parBackvvell; telle est la race nouvelle de Durham, améliorée par Colliisg, et telle estencore la race justement estimée de Hereford, perfectionnée par Tomkins. Ces races,les plus belles du monde, par rapport à leurs usages économiques, bien que conser-vant le cachet distinctif de la race originaire dont elles sont descendues, doivent ce-pendant à l’art des éleveurs tous ces caractères précieux qui les en distinguent etqui leur donnent une grande supériorité pour les usages auxquels on les destine.