LE BOEUF.
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HISTORIQUE.
faisant allonger le pas, et se faisant obéir au besoin par l’usage qu’il sait faire d’unénorme fouet formé de courroies tressées, et dont le manche a 31/2 à 4 mètres delongueur. Quand l’attelage est trop nombreux, un garçon, ordinairement un petitHottentot, conduit les bœufs de devant à l’aide d’une courroie attachée autour deleurs cornes.
Pour revenir, de ces bœufs des contrées éloignées, à ceux dont les services écono-miques ont une si grande importance pour les nations civilisées de l’Europe , nousdirons que, bien que tous ces animaux appartiennent évidemment au même typespécifique, ils diffèrent cependant considérablement entre eux par le tempérament,les formes et les services qu’on en obtient, avec la constitution physique des con-trées dans lesquelles ils sont élevés et le traitement artificiel auquel ils sont soumis.C’est de l’abondance de la nourriture que la taille et la force des animaux semblentprincipalement dépendre. Partout où cette abondance est extrême, le bœuf devientplus volumineux, et partout, au contraire, où la nourriture est rare, quelle que soitla nature du climat, sa taille et sa force diminuent. Le bœuf de Barbarie est aussichétif que celui des Highlands d’Ecosse, parce que les gramens, sa nourriture natu-relle, sont brûlés pendant une grande partie de l’année, et qu’il ne lui reste, poursubsister, que des plantes tout aussi peu nourrissantes que les bruyères de nosmontagnes du nord. Mais partout où les graminées abondent, et où la chaleur duclimat n’est pas assez grande pour les brûler pendant une grande partie de l’année,le bœuf prend un caractère tout-à-fait différent, sous le rapport du volume et de laforce. Les plus grands bœufs du monde se trouvent depuis les monts Taurus, versl’ouest, dans l’Ukraine, la riche vallée du Danube qui traverse la Hongrie , les par-ties les plus fertiles de l’Allemagne , une portion du Danemarck, de la Hollande, etjusqu’en Angleterre. Toutefois, dans les parties fertiles des autres contrées en de-hors de cette ligne, comme en Italie, dans la Maremma , dans les belles vallées dela Suisse, ainsi que dans certaines parties de l’Espagne et de la France , la tailledes animaux s’agrandit, et cela toujours en proportion de la fécondité naturelle despâturages. L’art peut, à la vérité, suppléer artificiellement, par des fourrages cul-tivés, à la rareté de ceux que la nature ne donne pas en quantité suffisante; mais,en principe général, nous trouvons toujours que les grandes races se sont forméesdans les pays où il y avait des herbages abondans.
Les Iles-Britanniques présentent, sous le rapport de la productivité du sol, detels extrêmes de fertilité et de stérilité , que cela nous met à même d’observer laconstance de cette loi, beaucoup mieux , peut-être, qu’en aucune autré contrée demême étendue. Dans les parties élevées du pays, où les bruyères , les carex et lesjoncs forment le fonds des herbages, les bœufs sont de petite stature; quand les