Buch 
Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
Entstehung
Seite
102
JPEG-Download
 

102

LE B CE U F.

RACE AYRSIIIRE.

Le moderne Ayrshire peut occuper l:i cinquième ou sixième classe, sous le rap-port de la taille, parmi les races de la Grande-Bretagne. Les cornes sont petites, etcourbées en dedans à leur extrémité, comme celles des Alderney . Les épaules sontlégères, et les reins très-larges et profonds, conformation qu’on rencontre le plussouvent chez les animaux qui donnent beaucoup de lait. La peau est modérémentdouce au toucher, et d’une couleur jaune-orangé, que l’on aperçoit sur les paupièreset la mamelle. La couleur dominante est un rouge brun, mélangé plus ou moins deblanc. Le mufle est ordinairement noir, mais souvent il est couleur de chair. Lesmembres sont grêles, le cou petit et la tête exempte de grossièreté. Les muscles dela partie interne des cuisses sont minces, et la hanche fréquemment très-rappro-ehée de la queue, caractère qui existe également dans la race Alderney , et qui, bienqu’il détruise la symétrie de l’animal, n’est pas considéré comme incompatibleavec l’aptitude à la sécrétion abondante du lait. Les tétines sont de moyenne gran-deur et assez fermes. Les vaches sont très-douces, très-dociles, et assez rustiquespour se contenter de la nourriture la plus ordinaire; elles donnent une grandequantité de lait, en proportion de leur taille et des fourrages qu’elles consomment,et ce lait est d’excellente qualité. Lorsqu’elles sont en bonne santé, sur de gras pâ-turages, elles peuvent donner de 800 à 900 gallons (3,600 à 4,000 litres) dansl’année, bien que, en tenant compte des plus jeunes et des moins productives,600 gallons (2,"50 litres) puissent être considérés comme un bon produit moyenpour l’ensemble d’un troupeau dans les contrées basses, et que l’on obtienne quel-quefois moins pour une vacherie à lait dans les montagnes.

On élève peu de bœufs de cette race pour l’engraissement, et les veaux mâlessont livrés aux bouchers, soit sous le pis de la mère, soit lorsqu’ils ont été nourrisavec du lait pendant un tems plus ou moins long. Lorsque les vaches tarissent,elles s’engraissent promptement, comme toutes les vaches bonnes laitières; mais leplus grand mérite de la race est son appropriation aux usages de la laiterie. L’atten-tion des éleveurs s’étant exclusivement concentrée vers ce résultat, les animauxont acquis, à un éminent degré, les qualités de ce genre, et leur conformation exté-rieure présente tous les caractères qui indiquent cette disposition particulière, bienplus que ceux qui dénotent une aptitude à la maturation précoce des muscles et dela graisse. Aussi, ceux qui supposent que la race Ayrshire réunit les propriétés desvaches laitières à celles des animaux de graisse, confondent entièrement ses carac-tères distinctifs. Elle occupe le premier rang parmi les races laitières, mais elle nemérite qu’une place inférieure lorsqu’on l’élève [tour l’engraissement.

La race Ayrshire s’est beaucoup répandue dans tous les comtés environnant sonpays'originaire, où l’on entretient de bonnes laiteries. Elle forme maintenant lestroupeaux doininans de Renfrew, Dumbarton, Stirling et Lanark, et elle s’est éten-