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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE BOEUF.

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RACE LONGUES-CORNES.

de la même manière que chez les autres bestiaux de ces districts. Leur corps étaitlong, leurs côtes plates, et leurs épaules pesantes, comparativement à leurs quar-tiers postérieurs. Us étaient rustiques, pouvant vivre sans abris et de toute espèce denourriture, mais ils avaient une maturité tardive. Leur chair était de couleur brune,et leur graisse d’une teinte jaune. Ils étaient d’humeur docile et forts sous le joug,quoique lents dans leurs mouvemens. Us se mélangeaient difficilement avec d’au-tres variétés, et conservaient leurs caractères distinctifs avec une ténacité plusgrande qu’aucune autre race. Les femelles étaient recherchées pour les laiteriesparticulières, parce qu’elles donnaient un lait de bonne qualité, quoique assez peuabondant.

Cette race ayant été naturalisée en Irlande de tems immémorial, il est présumableque les pâturages fertiles de cette contrée auront produit chez elle le développementdes formes et de la taille qu’elle présente. C’est ainsi que de très-grand bétail paraîtavoir été produit dans les riches plaines du Shannon, etc. On trouve peu de rensei-gnemens à cet égard dans les anciens auteurs, qui se contentent de dire que le paysabondait en bétail qui était la principale richesse des habitans. Mais, vers le milieudu siècle dernier, des juges compétens ont attesté l’excellence de plusieurs animauxLongues-Cornes de l'Irlande . M. Bakewell trouva à la foire de Ballinasloe des in-dividus de cette race, qui n’étaient inférieurs, selon lui, qu’à ceux qu’il avait per-fectionnés lui-même; on peut conclure de là, quele bétail produit alors en Irlande n’était pas inférieur à celui de la même race, qu’on élevait de l’autre côté du canal.En Angleterre, le foyer de cette race était le comté de Lancaster. Les auteurs par-lent fréquemment des beaux bœufs aux grandes cornes de cette partie de l’Angle-terre. «Un observateur peut juger le sol, — dit Camden, — en partie d’après la cons-titution et la complexion des habitans, qui font plaisir à voir par leur force et leurbeauté, et en partie, ne vous en déplaise, par le bétail. Leurs vaches et leurs bœufsont une belle tête, avec des cornes bien ouvertes et le corps bien proportionné; il neleur manque, enlin, aucune des qualités réclamées par Magon le Carthaginois et soncommentateur Golumelle. » Un autre auteur, plus ancien, dit du même comté : « Engénéral, le sol n’est pas très-fertile ; cependant il produit, en très-grand nombre, desbestiaux de si grande dimension . -avec des cornes et une tête si fortes, que l’un n’entrouverait de semblables que dans le royaume d’Espagne . » Du Lancaster, la mêmerace s’était étendue non-seulement dans le Westmoreland et le Cumberland, maisencore, à travers les marécages de ces divers pays, jusque dans le Yorkshire , où elleoccupait les parties les plus élevées qui formaient l’ancien comté de Richmond. Ledistrict de Craven, particulièrement, s’acquit une telle réputation pour sa race Lon-gues-Cornes , que ses taureaux étaient recherchés pour les autres districts, et mêmepour le Leicestershire et les comtés du centre. On trouve encore la race Craven dans