LE MOUTON.
HISTORIQUE.
Les naturalistes ont recherché l’origine du mouton domestique dans différentesespèces du genre Ovis . Gelles qu’on suppose avoir donné naissance aux races natu-ralisées en Europe et en Asie sont les Argalis, ou moutons sauvages de l’Asie , et lesMouflons du midi de l’Europe ; tandis qu’on attribue l’origine des moutons d’Afrique ,à des espèces voisines, propres à ce continent (4).
L ’Argali, ou mouton sauvage des montagnes de l’Asie (2), possédant les carac-tères génériques de nos moutons domestiques, est un peu moins grand que le Cerf .H a des cornes énormes, qui ont à leur base plus de 0, m 3 de circonférence, et de 0, m 9à 4, m 2 de longueur (3) : ces cornes sont triangulaires et implantées sur le sommetde la tête, de manière à se toucher presque à leur racine; dirigées obliquement enhaut et en dehors, et se recourbant en arrière, en dehors et en bas vers leur pointe.Cet animal a une fourrure à poil ras, qui couvre une petite quantité d’une lainedouce et blanche. La couleur extérieure de son pelage est brune, et devient l’hiverd’un gris roussâtre; il porte sur le dos une raie de couleur de peau de buffle, et unelarge tache de couleur semblable, mais un peu plus claire, sur le haut des hanches,autour de la queue (4). La femelle diffère du mâle par sa taille plus petite, ses cornes
(1) L’auteur écossais désigne le Mouflon (Ovis musimon de Parlas) sous le nom de Musmon; il asuivi en cela les traditions de Pline et des auteurs latins, qui le désignaient sous le nom de Musimon,que lui a conservé Pallas ; on l’appelle encore Mufione de Sardaigne , Muffcli de Corse ; mais il est plusgénéralement connu chez nous sous le nom de Mouflon, et nous avons cru devoir préférer ce mot. R.
(2) Argali de Sibérie, Cuvier , Règne animal, 1.1, pag. 277. - Ovis ammon, Linné . — Parlas ,
Spic.XI, t. —Sciireb. CCLXXXV1II. R.
(3) «On dit qu’on trouve souvent sur le steppe, de ces cornes cassées dans les combats des mâles, dont» l’ouverture auprès de la tête est assez grande pour que les petits renards de steppes se servent souvent» de ces cavités pour s’y retirer. » (Gmelin , Voyage au Kamtchatka , traduction de Delisle.) R.
(4) Cette couleur se remarque encore sur le bout du museau, la face interne des pattes et au ventre, oùelle est un peu plus pâle. Gmelin , Cuvier , Daubenton.
Les naturalistes ont été fort embarrassés pour donner de cette couleur une idée précise. «Le long du dos,
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