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LE MOUTON.
HISTORIQUE.
plus minces et droites, et l’absence de la tache jaunâtre qui entoure la queue dumâle. Dans les deux sexes, la queue est très-courte, le tour des yeux blanchâtre,et le poil de la gorge plus long qu’aux autres parties du corps.
Ces animaux habitent les montagnes et les plateaux élevés de l’Asie , depuis leCaucase, vers le Nord et l’Est, jusqu’à l’Océan et au Kamtchatka . Ils sont agiles etforts (1), mais très-timides, évitant jusqu’à la moindre apparence de danger; ilscourent en zigzag, et s’arrêtent dans leur fuite pour regarder celui qui les poursuit,comme le font ordinairement les moutons domestiques. On les trouve habituelle-ment en très-petits troupeaux; dans la saison du rut, les mâles se livrent des com-bats acharnés, se servant de leurs cornes et de leur front de la même manière queles béliers ordinaires. Les peuples des contrées qu’ils habitent leur font la chasse pourse procurer leur chair, dont la saveur est fort estimée, et leur peau, qui sert à fairedes habillemens. En automne, après avoir passé l’été dans les pâturages des mon-tagnes et des gorges, ils sont gras et très-recherchés; mais, à mesure que l’hiverapproche et qu’ils sont forcés de descendre dans les plaines pour chercher leurnourriture, ils perdent de leur embonpoint, et ne sont plus estimés que pourleur peau. Pris jeunes, ils sont faciles à apprivoiser; mais les vieux n’abandonnentjamais complètement leurs mœurs et leurs habitudes sauvages.
Le Mouton des Montagnes Rocheuses, ou Argali d’Amérique, est voisin de l’espèceprécédente, et peut-être identique avec elle (2). Cet animal habite les chaînes demontagnes les plus élevées de l’Amérique septentrionale. Les auteurs espagnolsl’ont décrit sous le nom de Mouton de Californie, par lequel les Indiens et les mar-chands de fourrures du Canada le désignent encore habituellement. 11 est plus svelteet plus grand que Y Argali d’Asie, et, par conséquent, que les plus grands de nosmoutons domestiques. Ses cornes sont très-grandes et rapprochées l’une de l’autre àleur base, sans cependant se toucher. Celles des femelles sont petites et légèrementcourbées. La fourrure est d’un brun rougeâtre qui devient plus clair pendant l’hi-
» dit Gmeliv , il y a une raie jaunâtre, ou plutôt roussâtre, ou couleur de renard, et l’on voit cette même» couleur au derrière, en dedans des pattes et au ventre, où elle est un peu plus pâle.»— Daubexton ditde l’animal qu'il décrit : « Il y avait une autre bande noire qui s’étendait le long de la face supérieure du» cou sur le garrot et le long du dos jusqu’au milieu ; cette bande était terminée par une large tache de la» même couleur ;... il y avait aussi un peu do gris et même de blanc, de chaque côté de l’anus, à peu près» comme sur le cerf. » — « Il a en tout tems, comme le cerf, dit Cuvier , un espace jaunâtre autour de» la queue, qui est fort courte. » R.
(1) Gmelix dit avoir vu un Argali de trois ans que dix hommes n’osèrent pas attaquer pour le domp-ter. R-
(2) Cuvier n’hésite point à affirmer ce que l’auteur écossais présente ici sous une forme plus dubitative.
« Il est à croire que le Mouflon d'Amérique, dit-il (Ovis montana de Geoffrov-Sai.vt-Hilaire ) , est» de l’espèce de YArgali, qui a pu passer la mer sur la glace. » R-