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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

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O

HISTORIQUE.

ver, tellement qu’au printems les vieux béliers sont presque blancs. La face et le mu-seau sont blancs; et la queue, ainsi que les fesses, présentent la tache couleur peaude buffle qui distingue les mâles de l’espèce asiatique. Ces animaux se rassemblenten troupeaux sous la conduite d’un chef, paissent sur les parties les plus escarpéesdes rochers, et descendent dans les plaines à l’approche de l’hiver. Ils sont sau-vages et timides, fuyant à la moindre alarme au sommet des montagnes. Les In-diens leur font lâchasse, pour se procurer leur chair et leur peau; ils n’ont jamaisété soumis à la domesticité.

Le Mouflon habite encore aujourd’hui les îles de Candie et de Chypre , et les mon-tagnes de la Grèce. On le trouve dans les îles de Corse et de Sardaigne , où il estbien connu des montagnards de l’intérieur. Autrefois, il abondait en Espagne , etl’on dit même qu’à présent on le rencontre encore dans les montagnes de Murcie .

Le Mouflon est plus petit que l’Argali. Les mâles ont des cornes de 0, m 6 de lon-gueur; les femelles en sont souvent dépourvues; ces cornes sont très-grosses et con-tournées en dedans vers la pointe; à cet égard, elles diffèrent des cornes de l’Argali,qui se recourbent en dehors. La fourrure consiste en un poil roussâtre, cachant unelaine courte, fine et grise, qui couvre tout le corps.

Les Mouflons ressemblent aux Argalis par plusieurs caractères; ils sont moinsforts, moins robustes, et habitent des régions moins élevées dans les montagnes. Ilsvivent en troupes souvent très-nombreuses pendant les mois d’été; mais, à la saisondu rut, les béliers se livrent des combats furieux, et le troupeau se divise en troupesplus petites, composées d’un seul mâle et de quelques femelles. Le Mouflon se sou-met très-difficilement à la domesticité; le petit nombre de ceux qui ont été retenusen captivité donne lieu de penser qu’ils sont moins dociles et moins sensibles auxbons traitemens que les moutons domestiques. On a des exemples de Mouflons quiont couvert des brebis domestiques, dont les agneaux ont pu se reproduire. Pline parle de ces alliances comme étant très-communes de son tems, et dit que la pro-géniture était nommée Umbri.

Nos connaissances sur les moutons sauvages de 1’Afrique sont moins précises. Unanimal du genre Ovis a été décrit par M. Geoffroy-Saint-Hilaire. 11 est à peu prèsde la hauteur d’un cerf commun; les cornes sont longues de 0, m 6; elles ont 0, m 275de circonférence à leur base ; elles s’inclinent en dehors, de manière que leurs extré-mités sont écartées d’environ 0, m 475 l’une de l’autre. Cet animal, nommé parM. Saint-IIilaire Mouflon d’Afrique, paraît ressembler beaucoup au Mouflon d’Europe.

Une espece, nommée Ovis tragelaphus par les naturalistes, mais qui aurait dû êtreclassée de préférence dans le genre chèvre (Capra), habite les steppes intérieurs de laBarbarie et les montagnes de l’Egypte . Elle est plus grande qu’un daim, et presqueégale à un cerf; les cornes ont 0 m ,325 de circonférence à la base; très-rapproebées