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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

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H1STOI1IQUE.

dont les caractères sont communiqués par la domesticité. On a pensé que lArgali delAsie et le Mouflon dEurope avaient donné naissance aux races de moutons propresà ces deux pays; que des espèces analogues avaient produit les races extrême-ment variées du continent africain ; et que toutes ces races diverses, issues de diffé-rentes origines, pouvaient se ressembler dans les caractères généraux assignéspar les naturalistes aux espèces, tout aussi bien que le cliien-loup (Wolf-Bog) desEsquimaux et le chien-chacal des Turcomans, qui sont classés comme espèces zoo-logiqucs, bien que lun se lie manifestement au loup par tous ses caractères, etlautre au chacal. Néanmoins, nous navons aucune preuve directe que lune desespèces sauvages du genre Ovis soit devenue moidon domestique, et toutes nos suppo-sitions à légard de ce dernier ne sont fondées que sur des analogies et des induc-tions rationnelles (1).

Le Mouton domestique, laissé dans létat de liberté, ne tend jamais à reprendre lescaractères ni de lArgali ni du Mouflon; mais ceci nest point un argument décisifcontre lopinion que nous soutenons, parce que ce paraît être une loi naturelle devoir les formes animales présenter des modifications organiques qui tendent à lamé-lioration progressive des races, et jamais à leur rétrogradation. Le cochon sauvage,dont les caractères changent entièrement par la domesticité, ne redevient pas unsanglier sil est laissé libre; et les chiens qui ont vécu en liberté pendant plusieursgénérations (âges), comme cela est arrivé à ceux qui ont été abandonnés à la naturedans les colonies européennes, ne présentent pas de tendance à devenir loups ouchacals (2).

Quelle que soit, au reste, lorigine du mouton domestique, nous savons quëlleremonte aux tems les plus reculés de notre histoire. LEcriture sainte nous rappellelexistence du mouton en même tems que celle des premiers habitans de la terre, et

(1) Il nétait nullement besoin, cc nous semble, de recourir à cette vieille opinion dÀiusTOTE (De Gé-

nérât. animal. , lib. II, cap. 5 ) sur lorigine disgénère du eliien, opinion déjà regardée comme apocryphepar Buffox et tombée complètement en désuétude aujourdhui, pour faire remonter lorigine de notremouton domestique à une ou plusieurs espèces congénères et manifestement très-voisines, comme le se-rait 1Or.is musimon de Pallas ou P Ovis amrnon de Linné. La comparaison affaiblit ici le raisonne-ment au lieu den augmenter les probabilités ; ce qui le prouve, cest que presque tous les naturalistes sontdaccord sur lorigine du mouton domestique, tandis que la plus grande obscurité règne encore sur lori-gine de nos races de chiens. Au reste, cette question noflfe pas un intérêt réel, lancienneté du moutondomestique devant la rendre éternellement douteuse. R.

(2) Il est fâcheux que ces raisonnemens, si futiles en apparence, ne reposent pas sur des faits moins con-

testables que ceux relatifs à la création des races de chiens parle loup, le chacal, le renard ou la hyène, etauxquels nous naccordons aucune creance pour notre part; ils jetteraient un grand jour et seraient dunintérêt immense pour la solution du problème de la fixité des races perfectionnées, qui sagite aujourdhui,et sur lequel nous aurons loccasion de revenir fréquemment. R.