4
LE MOUTON.
HISTORIQUE.
l’une de l’autre sur le sommet de la tête, elles sont angulaires, noires, se recour-bent en arrière et en bas, et ont à peu près 0, m 6 de longueur. Le poil, aux parties infé-rieures des joues et de la mâchoire inférieure, est long et forme une barbe partagée.La partie inférieure du cou et des épaules est couverte d’un poil rude; à la partiesupérieure du cou, et spécialement au garrot, le poil est long et hérissé, formantune crinière; les genoux sont couverts de longs poils compacts cjui semblent êtredestinés à les protéger; le poil du reste du corps est court, et, au dessous, on trouveles rudimens d’une laine douce et belle. C’est un animal très-gracieux, pétulant , quiaime à grimper sur des endroits élevés, comme les toits des maisons, peut courirtrès-vite et sauter avec une force prodigieuse (1).
Si Ton admet l’hypothèse que le mouton domestique descend d’une ou de plu-sieurs des espèces énumérées ci-dessus, cet animal forme une race artificielle, etses caractères distinctifs ont dû lui être communiqués par les effets de la domesticitéet des influences extérieures. La même opinion est soutenue par des naturalistesdistingués pour l’origine du chien. Cet animal, si extraordinairement varié dansses caractères et ses habitudes, est, à ce qu'ils croient, issu du loup et du chacal,auxquels quelques-uns ajoutent le renard et la hyène.
Le grand chien des Esquimaux et le chien de Prairie (2) pourraient être pris pourdes loups ; le chien des Turcomans ressemble beaucoup au chacal; et, en Afrique , ily a des chiens qui ne peuvent être distingués des hyènes. Dans celte supposition,tous les caractères secondaires (minors) des races peuvent très-bien être attribués àl’effet des croisemens et des influences extérieures, qui modifient la forme et lecaractère des animaux.
11 n’y a pas plus de difficultés à appliquer cette hypothèse au mouton qu’au chien.L’Argali et le Mouflon ressemblent autant aux moutons de l’Europe et de l’Asie , parles formes et les mœurs, que le loup et d’autres espèces sauvages du genre canhressemblent aux races communes des chiens; et comme un animal aussi inoffensif(heipless) que le mouton domestique pourrait à peine exister à l’état sauvage par-tout oit se trouvent de grands animaux carnassiers, on le considère comme une race
(1) Nous craignons qu’il y ait ici une erreur de peu d’importance. Cuvier a donné le nom à'Ovis tra-
gelaphus, ou Mouflon d’Afrique, à une seule et même espèce, à laquelle s’applique parfaitement la descrip-tion de l’auteur anglais . «Elle habite les contrées rocailleuses de toute la Barbarie, dit Cuvier , et« M. Geoffroy l’a observée en Egyple. » L’auteur anglais parait faire une espèce distincte du Mouflond’Afrique; mais la description incomplète qu’il en donne permet de croire que c’est la même. Quant à cequ’il dit de l’analogie de 1 ’Ovis tragelaphus avec les chèvres, on peut l’appliquer également à toutes les au-tres espèces d’Argalis, de Mouflons et de Moutons, qui donnent avec les chèvres des métifs féconds, et n’endiffèrent zoologiquement que par la direction des cornes et le défaut de barbe. fi-
(2) Cette race tire son nom de Prairie-du-Chien, ville des Etats-Unis , au confluent du Wisconsan et
du Mississipi , 11 existe aussi une rivière nommée Prairie, dans le territoire de Missouri . 1t.