Buch 
Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
Entstehung
Seite
7
JPEG-Download
 

LE MOUTON.

7

HISTORIQUE.

les tribus nomades de la Syrie étaient arrivées à ce point long-tems avant la con-quête de la toison dor par Jason, et avant que Minerve enseignât à ses Athénienslart de filer et de tisser.

Outre le fuseau et le simple métier de lOrient, les pasteurs syriens avaient, dèsles premiers tems, acquis lart de donner à leurs étoffes ces belles couleurs quiplaisent tant à lœil. La chair du mouton fut également employée, mais avec cettetempérance qui distingue encore maintenant les peuples de ces contrées dans lusagede la nourriture animale. Cétait du lait de leurs troupeaux quils tiraient la partieprincipale de leur nourriture quotidienne. Ils possédaient lart de faire cailler lelait de leurs chèvres et de leurs brebis; le fromage, le beurre, avec la graisse et lemiel, formaient les simples repas de ces premiers pasteurs, comme aujourdhuichez les Kourdes, les Turcomans et les Arabes.

Ainsi le mouton lut approprié de bonne heure aux jouissances de lhomme, et cenest pas sans raison que beaucoup de personnes regardent lAsie occidentale commele berceau de la race domestique, d lon peut supposer quelle sest irradiée seu-les autres parties du monde, accompagnant lhomme dans toutes ses migrations, etdevenant partout un instrument de civilisation.

Les moutons pénétrèrent probablement en Europe par lHellespont avec la pre-mière civilisation des habitans. A une époque moins éloignée, le Mouton dArcadiefut lorgueil de la Grèce , et dinnombrables allusions dans les écrits de ses poètes,disses historiens et de ses philosophes, nous montrent combien fut estimé ce pré-sent des dieux. On pense que lintroduction du mouton en Italie neut lieu quebeaucoup plus tard. Long-tems après la fondation de Rome , les habitans navaientpas encore appris à tondre la toison, et du tems même de Pline , lancienne habi-tude de larracher de la peau nétait pas encore entièrement abandonnée; ainsi leshumbles pasteurs syriens avaient surpassé depuis long-tems, dans la connaissancedes arts utiles, les futurs conquérans de leur pays et du monde.

Le mouton fut entretenu de bonne heure en Espagne , et lon ignore sil y fut in-troduit de lAfrique ou de lOrient. Les autres parties de lEurope étaient trop boiséesalors pour que le climat y favorisât léducation des moutons, et leur nombre paraîty avoir été long-tems très-limité par cette cause. Les tribus Celtes estimaient beau-coup plus le bœuf que le mouton, et les troupeaux des anciens habitans de lEurope ne furent jamais aussi nombreux que ceux des pasteurs de la Syrie et des autresparties de lAsie .

Le mouton diffère si peu de la chèvre, que les naturalistes ne peuvent que diffi-cilement assigner à chaque genre des caractères distinctifs. Dans tous les deux, lafourrure consiste dans un poil mêlé de laine, mais chez le mouton placé dans cer-taines conditions, le poil tend à disparaître, et la laine couvre tout le corps, exceplé