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LE MOUTON.
cultivateurs, qui égalent en savoir les plus habiles du royaume, et qui ont com-mencé à diriger leur attention vers les ressources de leur pays. Les efforts d’hommessemblables pour améliorer les animaux domestiques de leurs terres, ne peuventmanquer d’être couronnés de succès, et les bienfaits de leur exemple se répandrontgraduellement. La puissance de la vapeur a, en outre, été appelée à mettre ces îleséloignées en rapport avec les marchés du midi ; et maintenant au lieu de souffrir queles moutons deviennent la proie des aigles, des corbeaux et des mouettes, et pé-rissent de faim faute de soins, les nouveaux éleveurs ont les moyens d’apporterdirectement leurs moutons superbes et exquis, sur les meilleurs marchés de con-sommation du royaume.
C’est une question d’un grand intérêt économique pour ces îles , de savoir si lesraces existantes doivent être conservées, ou si de nouvelles devraient les rem-placer. Les intérêts particuliers conduiront vraisemblablement à ce dernier ex-pédient, ou, tout au moins, au croisement des races indigènes avec des racessupérieures qui donneront, à n’en pas douter, un bénélice immédiat.
Il est vrai que, par ce système, la race Scandinave pure diminuera en nombre,et disparaîtra peu à peu complètement; mais on peut à peine regretter cetteperte, si une classe plus utile d’animaux doit lui être substituée. Si l’on dési-rait conserver l’ancienne race dans celles des îles qui la produisent encore , l’at-tention des éleveurs devrait se porter sur une éducation plus rationnelle de leurstroupeaux, par une meilleure alimentation et des soins longs et persévérans dansle choix des mâles et des femelles. Sans l’observation attentive de toutes ces choses,la race actuelle des moutons de Schetland ne peut jamais être relevée de la dégé-nération dans laquelle elle est tombée pendant de longues années de mauvais trai-temens et de négligence.
On a tenté d’améliorer cette race en la croisant avec des mérinos; mais, commeon aurait dû le prévoir, les produits de ce croisement furent incapables de résis-ter à la rigueur du climat et à la situation exposée du pays. Les moutons Gheviotont, au contraire, été employés avec avantage au croisement, et paraissent être larace qui convient le mieux à cet usage.
Les moutons à courte queue de l’Europe septentrionale avaient aussi été amenésaux Hébrides , sans doute par les Norwégiens. Quelques animaux de cette race yexistent encore çà et là, mais dispersés et en petit nombre, qui diminue de plusen plus chaque jour, leur taille étant trop petite, et l’intérêt des éleveurs les por-tant à adopter partout des races d’une valeur plus considérable.
On rencontre quelquefois encore, dans les îles de l’Écosse , des moutons à cornesmultiples ( polijcerale), qui proviennent sans doute de la race d’Islande et du nordde l’Europe ; ils sont généralement sans valeur et en très-petit nombre.