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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

2.3

RACE A LAINE DOUCE DU PAYS DE GALLES .

comme les chèvres. Ils aiment beaucoup à se placer sur des tertres élevés et à mar-cher à travers des décombres ou des rochers escarpés. Ils sont prudens et timides,et savertissent par un signal, comme les moutons plus sauvages des sommets desmontagnes, lorsquils craignent un danger. Us descendent furtivement les coteauxpendant la nuit, et font des invasions dans les champs de fromens et dautresplantes vertes. On les enferme difficilement dans des parcs artificiels, parce quilssautent par dessus les clôtures et se fraient un chemin à travers les clairières deshaies; quelquefois même on en a vu qui, emmenés à de grandes distances, échap-paient à la vigilance de leurs gardiens et regagnaient les montagnes qui les avaientvus naître. Ils arrivent à Londres et sur dautres marchés de consommation aprèsavoir été engraissés, généralement, par un séjour de quelque tems dans des pâtu-rages plus riches. Leur chair, comme celle de tous les moutons du pays de Galles ,est excellente et se vend très-avantageusement quand elle est grasse. Aussi vend-onà Londres , sous le nom de mouton du pays de Galles , beaucoup de viande qui pro-vient, en réalité, de croisemens de diverses espèces.

La toison pèse dun demi à un kilogramme; elle nest jamais dépourvue de poil oujarre (kemps). Elle a les caractères de la laine longue, et est, par conséquent, pluspropre à la fabrication des flanelles, des bas et autres tissus analogues, quà celledes draps. Néanmoins, toutes les étoffes de ménage à lusage de la campagne se fai-saient autrefois avec elle, et dautres espèces semblables et indigènes. Les Galloisconservèrent long-tems la simplicité de leurs anciennes habitudes; ils fabriquaientleurs étoffes de laine dans leur propre ménage; le bon marché du travail mécaniquea tué complètement cette fabrication domestique, au profit, sans doute, de lac-croissement de richesse générale du pays, mais non pas, peut-être, au profit desprogrès de lindustrie et du bonheur agricoles (1). Cette race de moutons présenteune particularité remarquable : la laine du cou tend à tomber avant celle du corps, etil en est résulté lusage assez fréquent de tondre, avant lhiver, la laine de la tête etdu cou (2).

Les moulons dAnglesea sont alliés à cette race; mais, élevés dans un pays plusbas, ils sont plus grands que les moutons communs des montagnes. On a fait, de

(1) Que les économistes français , trop engoués du système mercantile et manufacturier, veuillent bien

méditer cette réflexion douloureuse du savant professeur dEdimbourg , que son patriotisme ne lui per-mettait pas de commenter davantage. Les développemenS de l'industrie cotonnière, et surtout la filaturedes lins à la mécanique, offrent, sur ce sujet, des rapprochemens qui méritent, à tous égards, de fixerlattention de nos hommes détat. R.

(2) La chute prématurée de la laine du cou ne serait-elle pas leffet de la tonte habituelle de cette partieavant lhiver, au lieu den être la cause? Les deux hypothèses semblent également vraisemblables. R.