LE MOUTON.
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KACE A LAINE DOUCE DU PAYS DE GALLES .
Il n’est pas rare de voir tondre les agneaux dès la première année, pratique très-nuisible dans un pays humide et élevé; mais un usage plus pernicieux encore, c’estde sevrer les agneaux de très-bonne heure, afin de pouvoir traire les brebis. Lesagneaux nés au mois de mars sont fréquemment sevrés au mois de mai, et les brebissont traites le matin et le soir jusqu’au mois de septembre. Ce misérable système estadmirablement combiné pour détruire la vigueur des moutons et se priver desmoyens de produire et d’élever des animaux robustes; aussi, jusqu’à ce qu’il soitabandonné, l’on peut être certain que les moutons des montagnes galloises conti-nueront à être petits (pomj) et chétifs. L’introduction d’une autre race ne remé-dierait pas au mal si ce traitement destructif continuait; ainsi, la principale amé-lioration à adopter doit consister en un changement complet de la méthoded’éducation suivie.
Il serait certainement à désirer que l’ancienne race de ces montagnes pût êtreconservée, parce qu’elle est naturalisée dans le pays et produit une espèce de lainequi est recherchée pour les besoins d’une classe de manufactures; mais il est indu-bitable que les éleveurs croiront avoir plus d’intérêt à adopter une race déjà amé-liorée qu’à faire les dépenses de tems et d’argent nécessaires pour perfectionner larace existante. On aura vraisemblablement recours plus fréquemment à un croise-ment qu’à l’introduction entière d’une nouvelle race; et il est important que leséleveurs procèdent avec discernement dans le système de croisement qu’ils adop-teront. Ils devraient préférer la race que l’expérience indique comme la mieux ap-propriée au mélange qu’ils veulent opérer ; celle de Cheviol semble mériter cette pré-férence, parce que, comme nous l’avons dit déjà, elle habite un pays élevé et pro-duit une espèce de laine qui diffère, il est vrai, de celle du pays de Galles , maisrapporte cependant un bon prix encore. La race Southdown, malgré toutes ses pré-cieuses qualités, nous semble moins convenir à ces montagnes humides que la raceplus robuste de Cheviot, et il est remarquable que la race Southdown est moins es-timée des éleveurs dans le climat humide des parties occidentales de ce pays quevers les côtes de l’est, où le climat plus sec se rapproche davantage de celui desdunes crayeuses, qui peuvent être regardées comme le pays natal de la race. On afait quelques tentatives pour croiser les moutons du pays de Galles avec les moutonsà tête noire des landes d’Ecosse . Mais une race supérieure à cette dernière pourraitexister dans les montagnes du pays de Galles , et l’effet inévitable d’un tel croise-ment serait de détruire la finesse de laine qui est si précieuse chez les races ac-tuelles.
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