LE MOUTON.
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RACE DES MONTAGNES DU WICKLOW.
11 y a plusieurs races de moutons montagnards en Irlande , avec des caractèresplus ou moins tranchés. Celles du Kerry et de l’ouest de l’Irlande sont les plus répan-dues et les plus remarquables; celle des montagnes du Wicklow a des limites plusresserrées; mais c’est elle, cependant, qui a le plus de valeur.
Cette race habite les montagnes de Wicklow, dans le comté de ce nom, qui ontune hauteur considérable, sont exposées aux vents violens, et dont le climat esthumide. II n’y a plus que des restes de la race pure, particulièrement dans la valléede Glenmalure , les troupeaux originaires ayant été très-généralement croisés avecla race Southdown et quelques autres.
Les moutons des montagnes de Wicklow ont une affinité évidente avec ceux du paysde Galles. Us sont de petite taille, mais d’une conformation assez bonne, et leurchair est excellente. Ils sont très-sauvages, et vont la nuit, à la dérobée, brouterles blés en herbe qu’on cultive dans les vallées. Les deux sexes sont dépourvus decornes. La tête et les pattes sont blanches, cependant il y a une tendance constante àla production d’agneaux noirs, et il ne nous paraît pas douteux que si la race étaitabandonnée à la nature, elle deviendrait entièrement de cette couleur; mais ilexiste une loi locale qui oblige à détruire tous les agneaux noirs. La laine est douce,fine, et assez longue de brin; seulement elle est toujours plus ou moins mêlée depoils. La qualité de cette laine, aussi bien que le caractère général des moutons,varie cependant d’après les hauteurs. Sur les coteaux rocailleux inférieurs, ceux,par exemple, qui n’excèdent pas 244 mètres au dessus du niveau de la mer (800pieds anglais ), la laine est plus fine et moins jarreuse. A une plus grande élévation,où commencent la bruyère et les marais humides, les moutons deviennent plus pe-tits et plus sauvages; un sillon de poil hérissé s’étend le long du cou et de l’épinedorsale, et on trouve également du poil en quantité sur les hanches et au fanon,comme chez les moutons plus sauvages du pays de Galles. On observe ici, commepartout ailleurs, dans cette espèce d’animaux, cette appropriation remarquable auxconditions physiques du pays dans lequel ils sont naturalisés. Le sillon de poil del’épine dorsale et celui des hanches et de la poitrine préservent ces parties des in-convéniens de l’humidité; il y a même des agneaux qui naissent avec une grandequantité de ces poils si nécessaires pour eux dans un terrain marécageux. Engénéral, ce poil abonde sur les parties qui sont en contact avec la terre quand l’ani-mal repose, notamment sur la poitrine, les extrémités et le ventre.
Comme le comté de Wicklow est voisin de la capitale, cette situation favorise lesspéculations qui sont en rapport avec les besoins d’une population nombreuse, etl’usage d’élever des agneaux pour être consommés de bonne heure y a long-temsprévalu. Les moutons des montagnes sont repoussés par les éleveurs des fermesSituées plus bas. Les béliers sont donnés aux brebis au commencement du mois de