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LE MOUTON.
RACE DU KERRY.
convenu d’attribuer à cette expression. Toutefois, il serait peu instructif de décrireles moindres variétés, et il suffit d’en présenter un exemple qui puisse être consi-déré comme le type de toutes les autres races, et dont les caractères portent àcroire que, depuis fort long-tems, il existe dans son état actuel.
Malgré la grossièreté et l’insuffisance de sa nourriture, la race de moutons duKerry est d’une taille plus élevée que celles du pays de Galles, des montagnes deWicklow, et la plupart des anciennes races des forêts d’Angleterre. Les cornes sontgénéralement courtes et crochues, manquant quelquefois chez les femelles, bienque, dans des races analogues qui existent dans des cantons différens, on trouvede grandes cornes contournées en spirale. La laine est grossière et jarreuse sur leshanches, un peu moins le long de l’épine dorsale, et, au contraire, fine et courtesur les côtés. La couleur blanche des toisons est la plus commune; mais les ani-maux ont une tendance constante à reproduire des nuances plus foncées; et n’étaitle soin qu’apportent les éleveurs à ne choisir que des animaux blancs, pour repro-ducteurs, les troupeaux seraient généralement noirs ou bruns. Ces moutons ont desmœurs extrêmement sauvages et vagabondes; leur conformation, leur regard, leurencolure, la position de leur tête et leur aspect général les rapprochent davantage dela gazelle ou du chevreuil qu’aucun autre mouton de ce pays. Ils engraissent si len-tement, que, même lorsqu’ils sont parvenus à leur maturité d’âge, ils exigentbeaucoup de tems pour être rendus complètement gras. Ils ont cependant unegrande disposition à accumuler du suif à l’intérieur, et ils sont déjà bons à livrerau boucher alors que, par les maniemens extérieurs, ils semblent encore maigres.Leur viande est très-juteuse et savoureuse, ce qui lui fait accorder une grande va-leur pour la consommation domestique; c’est réellement leur principal mérite,mais il n’est pas suffisant, à défaut d’autres qualités, pour engager les cultivateursà multiplier cette race (1).
La douceur des hivers, et l’humidité du climat de l’Irlande , rendent cette île très-favorable à la production des graminées et autres plantes fourragères propres à lanourriture des moutons; mais une grande partie de ce pays est couverte de tourbe,
(1) Nous retrouvons ici, à propos (les moutons, les mêmes faits et observations qui nous ont été signa-lés déjà par l’auteur écossais, en parlant des races bovines d ’Ângus, Galloway et autres, dont la maturitéest tardive. La qualité de la viande et V abondance du suif proprement dit, par conséquent les qualités quedoivent seules estimer les boucliers et les consommateurs riches, sont inhérentes, exclusivement, à cesraces défectueuses à tous autres égards; et nous avons à cramdre beaucoup en France , où les consom-mateurs à hon marché n’exerceront peut-être pas de. long-tems, sur la production de la viande, uneinfluence égale à celle qu’ils exercent en Angleterre, que la moindre qualité de la viande des animaux pré-coces les fasse repousser par les consommateurs, tandis que les bouchers les repousseraient égalementpour leur moindre proportion de suif. R.