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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

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RACE DU KERRY.

tantôt réunie en vastes bancs dans les plaines, d’autres fois s’élevant en monticules, oucouvrant toutes les montagnes d’une couche de peu d’épaisseur. De même que toutesles parties de l’ancienne Europe, l’Irlande était, autrefois couverte de grandes forêts,qui ont été détruites depuis long-tems parla négligence, une consommation prodigueet sans aménagement, et, plus encore, par les ravages des guerres continuelles.Giraldus Camrrensis, qui a été en Irlande après la première conquête de ce payspar Henry II, au Nil 0 siècle, dit que le pays était couvert de bois de tous côtés,mais que les Anglais , en en prenant possession, les ont détruits, en partie pourpriver les bandits de leur refuge ordinaire, et en partie pour en livrer le sol à l’agri-culture. Cette œuvre de destruction a dénudé le pays pour plusieurs siècles, et s’estachevée sur ce qui restait de forêts lors de la répression de la grande rébellion, sousle règne (VÉlisareth. A ces anciennes causes, s’est ajoutée, de nos jours, la spécu-lation; d’immenses cargaisons de bois magnifiques ont été expédiées dans les paysétrangers, et de nombreuses fabriques de charbon ont été établies. Au XVII e siècle,la ruine de ces majestueuses forêts n’était pas encore complète ; Boate , qui a publiéson Histoire naturelle de l’Irlande vers le milieu de ce siècle, bien qu’il se plaigne dela disparition de plusieurs grandes forêts indiquées sur les cartes du pays, en dé-crit cependant un grand nombre qui n’existent plus aujourd’hui. En parlant de laprovince de Leinster, il dit que Wicklow et les comtés du Roi et de la Reine étaiententièrement couverts de forêts, dont quelques-unes avaient plusieurs milles carrésde surface, et qu’une partie des comtés de Wexford et Carlow en possédaient beau-coup. Il ajoute, en parlant de l’Ulster, qu’il y existe de grandes forêts dans le comtéde Donegal et au nord de celui de Tyrone, ainsi que dans celui de Fermanagh (Fermaugh), sur les bords du lac Erne, dans celui d’Antrim , et dans la partie sep-tentrionale du comté de Rown. Quoi qu’il en soit, la plus grande partie de ce der-nier comté, aussi bien que ceux d’Armagh, Monaghan et Cavan, qui étaient cou-verts d’épaisses forêts pendant la guerre avec Tyrone, sont aujourd’hui presquecomplètement nus. En ce qui concerne la province de Munster, le même auteurnous apprend que les comtés de Kerry et de Tipperary possédaient alors plusieursgrandes forêts, quoique les Anglais, et spécialement le comte de Cork , en eussentfait une grande destruction.

C’est ainsi qu’a été anéantie la richesse naturelle de cette île charmante. Le der-nier loup y a été tué au commencement du XVIII e siècle, ce qui prouve qu’à cetteépoque, la destruction des grandes forêts irlandaises était à peu près consommée.Les tristes tourbières occupent aujourd’hui l’emplacement de ses bois verdoyans,et couvrent d’un aspect de désolation une grande partie du pays, — procurant, ilest vrai, le combustible de ses misérables habitans, au prix du travail le plus pé-nible, mais ne se couvrant que d’une végétation inutile, la seule possible sur ce sol