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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

RACE DES BRUYÈRES A TÊTE NOIRE.

antenois, la proportion des brebis qu’on peut entretenir est plus considérable quelorsqu’on ne vend que des moutons adultes. En général, on admet qu’un bergersuffit pour cinq cents brehis, et qu’il peut conduire un nombre beaucoup plusconsidérable d’agneaux et de moutons.

On donne les béliers aux brebis, vers le 22 novembre, afin que la saison de l’agne-lage ne puisse pas arriver avant le retour de la végétation du printems, si tardiveen ces contrées. Pendant l’hiver, on laisse les brebis pleines courir sur toutes lesparties de la ferme où elles peuvent trouver quelque nourriture : les joncs, les cou-ches et autres plantes herbacées, mélangées avec les bruyères, fournissent à leurchétive alimentation, rendue précaire par la chute des neiges qui couvrent quel-quefois ces tristes landes pendant des semaines ou même des mois, sans interrup-tion. La seule nourriture artificielle qu’on puisse y ajouter, consiste exclusivementen une petite quantité de foin grossier, quand la neige est trop épaisse ; encore cetteressource n’existe-t-elle pas toujours, et les animaux sont forcés de se contenterde ce qu’ils peuvent ramasser dans leurs pâturages naturels. Ces sauvages et rusti-ques brebis fouillent souvent la neige qui couvre le sol, pour chercher les plantesqui sont dessous, et parviennent à vivre ainsi dans des circonstances où des racesplus délicates périraient infailliblement. Quelques-unes, toutefois, succombent àl’inclémence de la température et à la privation de nourriture, et souvent unnombre considérable d’entr’elles se trouve enseveli par une chute si soudaine et siviolente de la neige, qu’elles ne peuvent s’y soustraire. Dans les districts où lesmontagnes sont moins élevées, ou lorsqu’on peut leur procurer un abri artificiel,la condition de ces troupeaux montagnards est d’autant moins précaire; mais géné-ralement ils sont placés dans des localités qui les exposent à tous les accidens et àune fréquente destruction.

Quand arrive la saison de l’agnelage, les brebis sont ordinairement dans un grandétat de maigreur, mais cette race montagnarde est tellement vigoureuse et bonnenourrice qu’elle peut encore élever ses agneaux, malgré des privations qu’aucunautre mouton ne pourrait supporter. La tonte a lieu vers le commencement dejuillet. Les brebis et les moutons adultes de la ferme sont conduits à une rivièreou à une mare où on les fait sauter, et qu’ils traversent à la nage; on emploie ra-rement, pour ces troupeaux sauvages, les autres précautions en usage pour les racesà laine plus fine; et peu de jours après ce grossier lavage, les animaux sont ton-dus. Dans la seconde moitié de juillet, ou environ trois mois après l’agnelage, lesagneaux sont séparés des mères. Ce sevrage consiste tout simplement à conduireles jeunes animaux, en troupe distincte, sur des parties de la ferme où ne vontpoint les mères; en très-peu de tems , ils s’oublient réciproquement, et le lait desbrebis cesse d’être sécrété. C’était autrefois un usage général, de traire les brebis,