LE MOUTON,
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RACE DES BRUYÈRES A TÊTS NOIRE,
après le sevrage, pendant six ou sept semaines ou même davantage. On y a généra*lement renoncé, aujourd’hui, dans les contrées où l’aménagement des troupeauxest le mieux entendu, parce qu’on a reconnu que le profit donné par le laitage étaitordinairement inférieur aux pertes qui résultaient de l’amaigrissement des animauxet de leur moins bon état au commencement de l’hiver.
Les agneaux, après le sevrage, sont désignés successivement, par les fermiers,sous les noms de raguins ou antenois (hoggest^r hogs). Les mâles peuvent alorsêtre vendus, ainsi que les femelles qui ne sont pas conservées pour remplacerles vieilles brebis qui, après avoir fait des agneaux pendant trois ou quatre ans,sont également réformées. D’autres fois, après le sevrage, on fait seulement un trides brebis de réforme, pour les vendre dans le cours de l’automne. Quand lesjeunes moutons ne sont pas vendus pendant leur première année, on les conserveencore un an, quelquefois deux, et même jusqu’à ce qu’ils aient quatre ans, et leurrégime sur les fermes, pendant ce tems, est le même que celui des brebis.
Un usage, dont une longue expérience a démontré l’utilité, pour ces moutonsmontagnards, consiste à leur oindre la peau, un peu avant l’hiver, avec un mé-lange de goudron qu’on fait bouillir avec du beurre, dans des proportions variables,selon les pays. Dans quelques endroits, on emploie six livres (environ 2 kilog.) debeurre, et un gallon (environ 4 lit. 5) de goudron pour vingt moutons, tandis que,dans d’autres fermes, la proportion de goudron est plus considérable. On pratiquecette opération vers la fin d’octobre ou le commencement de novembre, en écartantla laine avec le doigt, et étendant la matière grasse longitudinalement, de la tête àla queue, jusqu’à ce que tout le corps en soit imprégné. On croit ainsi tuer les in-sectes et guérir les maladies cutanées, en même tems qu’on préserve la peau desinjures du tems, ce qui est particulièrement utile pour cette race dont la toison estmoins tassée et la laine moins fine que dans aucune autre. 11 en résulte cependantune diminution de valeur de la laine, qui conserve la matière colorante du gou-dron, et devient moins propre à la teinture; mais le poids de la toison est aug-menté, et d’ailleurs l’opération est si favorable à la santé des animaux, en les pré-servant du froid et de l’humidité auxquels ils sont exposés, qu’il n’est pas possiblede douter de ses avantages pour des moutons de montagnes, et surtout pour ceuxqui habitent des contrées où les ouragans et les tempêtes sont fréquens.
Le croisement de cette race avec d’autres offre si peu d’avantages, qu’on y a gé-néralement renoncé comme moyen d’amélioration permanente. Elle a été fréquem-ment croisée avec les Gheviol, mais les produits ont été trouvés inférieurs en poids,forme et qualité de laine aux Cheviot purs, et à la race des bruyères à tête noire,en rusticité et en aptitude à réussir dans les contrées montagneuses couvertes debruyères. Toutefois, comme il n’est pas toujours avantageux de changer un trou-