LE MOUTON.
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RACE CllEVIOT.
apportés à la production ont corrigé ce défaut, et les modernes Cheviot ont uneexcellente forme. Le corps est ordinairement pins long que dans la race à tête noire,en sorte que, dans les contrées où les deux races sont entretenues, on les distinguevulgairement par les mots de longs et courts moutons. Ils sont plus gros dans lescontrées plus basses, où un supplément de turneps peut leur être donné, et plus lé-gers dans les pays plus élevés, où la nourriture artificielle est très-rare ou complète-ment nulle. Les éleveurs adoptent la variété de ces animaux qui est appropriée à lanature de leurs pâturages, préférant les gros moutons courts sur pattes pour les fer-mes plus basses, et ceux de formes plus légères et plus agiles pour celles qui sontplus élevées et plus froides. Les moutons Cheviot ont des mœurs tranquilles; ilspossèdent, à la vérité, l’esprit d’indépendance des races montagnardes, mais nonl’indocilité qui distingue quelques-unes d’entre elles. Us sont excessivement rusti-ques, leur toison fine et tassée leur permettant de résister à un froid très-intense.Ils se nourrissent plus de graminées et moins de sommités de bruyères que la raceà tête noire, et conviennent moins bien, pour ce motif, aux contrées entièrementcouvertes de bruyères, où ils exigent une étendue plus considérable de pâturagespour nourrir un même nombre d’animaux.
Les moutons Cheviot se sont répandus, de leurs montagnes originaires, sur unegrande étendue de pays, et couvrent aujourd’hui une partie des marais élevés dontla race des bruyères à tête noire était originaire. Ils ont envahi les Higblands du sudde l’Ecosse , sur une grande partie desquels ils ont remplacé la race des bruyèresqui y existait auparavant; enfin ils ont été conduits, à travers les Grampians , jus-qu’à l’extrémité septentrionale de l’Écosse , où ils sont élevés en nombre de plus enplus considérable. L’honneur de leur introduction dans le comté de Caitbness ap-partient à sir John Sinclair. Malheureusement, ils ont quelquefois été placés dansdes situations où la race plus rustique des bruyères eût été mieux appropriée, etbeaucoup de fermiers sont revenus à cette ancienne race après avoir expérimentéles Cheviot; cependant, ces derniers doivent occuper, un jour, une place beaucoupplus considérable que celle qui leur a été accordée jusqu’à présent, parce qu’il estévident qu’ils ont, comme tous les autres animaux, la faculté de s’adapter d’eux-mêmes à la localité dans laquelle ils sont naturalisés; ainsi, le mouton élevé dansle nord de l’Écosse doit donner naissance à une race plus rustique que celle qui estproduite dans les montagnes plus basses du sud ; et, par cette raison, nous pouvonsnous attendre à voir les Cheviot s’étendre continuellement et resserrer de plus enplus l’espace occupé par les têtes noires, plus grossiers. Déjà l’adoption de cetterace a procuré des bénéfices imporlans aux éleveurs et au pays. On l’a récemmentimportée dans l’ouest de l’Angleterre et dans le pays de Galles, et partout on a re-connu son appropriation à une contrée montagneuse et froide. Dans son pays ori-