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LE MOUTON.
RACE CHEVIOT.
ginaire des collines Cheviot, elle a été cultivée avec grand soin par une classe d’é-leveurs qui ne le cède à aucune autre du Royaume-Uni en intelligence et en habi-tude des expériences; or, de toutes les parties de la Grande-Bretagne, les éleveurspeuvent facilement recourir à ce pays pour maintenir leurs troupeaux dans unétat de pureté.
La laine de cette race pèse environ 3 livres 1/2 (1 kil. 305) par toison. Tout ré-cemment encore on l’employait à la fabrication des draps; mais depuis que l’emploides laines mérinos de Saxe et d’Espagne a reçu une grande extension, elle est plusrarement destinée à cet usage, et, préparée par le peigne au lieu d’être cardée, ellesert à la fabrication d’étoffes plus grossières. L’attention des éleveurs ayant mêmeété dirigée principalement vers l’aptitude des animaux à l’engraissement, la laine adiminué de finesse, tout en augmentant de longueur et de poids; ses qualités va-rient quelquefois avec la nature des pâturages, étant plus fine où les graminées pluscourtes dominent, et plus grossière quand les herbages sont mauvais et couvertsde bruyères.
Le régime des Cheviot ressemble à celui des moutons de bruyères à tête noire,excepté que, comme ils habitent, pour.la plupart, une région moins élevée dansles montagnes, il est plus facile de leur fournir un supplément de nourriture pen-dant les intempéries de l’hiver.
On les laisse courir sur les terres qui leur sont destinées, et leur nourriture arti-ficielle est seulement accessoire aux herbages naturels de la ferme ; on la leur donneprincipalement pendant la chute des neiges, et elle consiste soit en foin, soit engraminées cultivées, soit en trèfle partout où celui-ci peut être obtenu, soit en pro-duits des marais et des prairies permanentes de la ferme. Quand on cultive des tur-neps, on leur en donne également dans la saison. De même que pour la race desbruyères à tête noire, l’éleveur de ces moutons n’est pas nécessairement celui quiles nourrit jusqu’à ce qu’ils soient livrés à la consommation ; il les élève jusqu’à uncertain âge, et les cède ensuite à ceux qui ont des fermes sur lesquelles ils peuventêtre amenés à la maturité requise. C’est l’objet d’un commerce considérable et d’unedivision très-convenable de l’éducation et des travaux entre les fermiers des con-trées hautes et basses du pays. Quelquefois, à la vérité, l’éleveur possédant des terresbasses et cultivées, ou par tout autre motif, peut combiner les pratiques de l’édu-cation et de l’engraissement; mais la destination principale des fermes élevées est laproduction, et non l’encaissement des troupeaux ; et, bien que les deux spéculationspuissent être réunies, elles sont essentiellement distinctes. Souvent les troupeauxpassent aux mains de plusieurs nourrisseurs et engraisseurs, avant d’arriver à êtreprêts à livrer à la consommation. En général, les Cheviot sont engraissés plus jeunesque les moutons de bruyères à tête noire, en partie à cause de leur précocité natu-