LE MOUTON.
-49
RACE CHEVIOT.
relie plus grande, mais surtout à cause du traitement supérieur que reçoivent lesanimaux lorsqu’ils sont jeunes (1). Les éleveurs de Cheviot peuvent vendre leursmoutons pendant leur première année, lorsqu’ils sont raguins (hoggels); mais très-généralement pendant la seconde année, soit avant la tonte et lorsqu’ils portent en-core le nom de raguins, soit après cette opération et lorsqu’ils sont antenois (skear-lings), ou, dans le langage des fermiers du nord, dinmonts et gimmers. On lesengraisse rarement lorsqu’ils sont antenois; l’époque la plus habituelle est lors-qu’ils ont été tondus deux fois et portent le nom de moutons. Lorsque les brebis ontfait plusieurs agneaux, généralement trois, elles sont vendues, et remplacées par lesfemelles plus jeunes élevées sur la ferme, qui sont, à cette époque, dans l’automnede leur deuxième année, et âgées d’environ dix-neuf mois.
Les béliers sont généralement donnés aux brebis vers le 20 novembre, afin quela saison de l’agnelage puisse commencer dans la première quinzaine d’avril. Onmet un bélier pour soixante brebis.
Pendant la gestation, les brebis sont nourries sur les pâturages naturels de laferme; mais elles reçoivent, pendant la chute des neiges, un supplément de foin,qui peut être donné sur le terrain même. Ces animaux ont une admirable aptitude àtrouver leur nourriture, et même, lorsque la terre est couverte de neige, ils dépla-cent celle-ci avec leurs pattes, et préfèrent, à leur provende sèche, la nourriture qu’ilsparviennent à se procurer ainsi. Lorsqu’on cultive des turneps, ces racines peuventleur être données de la même manière que le foin, mais on les réserve surtoutpour l’époque de l’agnelage.
Toute la vigilance du berger est nécessaire quand arrive la période de l’agnelage;quelquefois les brebis sont tellement affaiblies par le jeûne et les intempéries de la
(1) On ne saurait trop insister, auprès de nos éleveurs français , sur la nécessité impérieuse de nourrirabondamment, et avec leurs meilleurs fourrages, les animaux qu’ils produisent, afin de leur donner laprécocité si désirable qui manque à presque toutes nos races. Lorsque les animaux sont jeunes, il n’y apour ainsi dire pas, pour eux, de ration d’entretien, tout le fourrage consommé s’assimile, ou à peu près,et se trouve payé par un développement des tissus musculaire, osseux, etc., qui augmente le poids simul-tanément avec le tissu graisseux, si facile à obtenir à cet âge, et beaucoup plus que ce dernier. Quand lesanimaux sont adultes, au contraire, une partie notable de la nourriture (3/8« s au moins et souvent plus) necontribue en rien à l’augmentation du poids, parce que le tissu graisseux reste seul alors, ou à peu près,susceptible de développement. C’est ce qui fait qu’on peut consacrer avec profit, à l’alimentation de cer-tains jeunes animaux, des substances tellement chères (le lait, les farines de céréales, les tourteaux, etc.),que plus tard on ne pourrait leur donner, sans perte, qu’en très-petite proportion. Avec nos animaux tar-difs, qui exigent tous plusieurs mutations de ferme avant d’étre vendus , les hasards inséparables des opé-rations commerciales rendent difficile l’appréciation pratique de ces utiles principes, qui deviendraientévidens si, par une précocité plus grande, les animaux pouvaient généralement être engraissés chez leurproducteur. R-