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LE MOUTON.
KACE CIIEVIOT.
saison, qu’elles n’ont pas le lait suffisant pour élever leurs petits et que l’amour ma-ternel semble être éteint chez elles; toutefois, ce dernier accident est toujours par-tiel, et il est rare que les mères abandonnent complètement leurs agneaux. D’autresfois, les agneaux sont si faibles à leur naissance qu’ils ne peuvent pas se lever deterre et périssent ainsi. Dans quelques cas, le berger est obligé d’aider les agneauxà têter, et souvent il place la mère et son petit dans un endroit abrité où ils peuventêtre traités avec plus de soins. Lorsqu’une brebis vient à mourir ou qu’une autrefait deux agneaux, il est obligé de faire nourrir un agneau par une brebis qui aperdu le sien, et il lui faut user de quelques précautions pour amener ainsi lesmères à adopter un agneau étranger. La méthode la plus commune consiste à les en-fermer l’un et l’autre dans un endroit obscur et étroit, dans lequel on tient l’agneauprès du pis jusqu’à ce qu’il ait tôté. Dans certains cas, lorsqu’un agneau périt, onrecouvre de sa peau celui qu’on veut faire adopter; la brebis, trompée par son odo-rat, se laisse têter d’elle-même, adopte bientôt le petit orphelin, et le traite avec lamême tendresse que s’il était son propre petit. 11 est pénible de voir une brebis dontl’agneau vient de mourir se désoler et refuser toute consolation ; si le corps mort esttraîné sur la terre, la pauvre mère le suit jusqu’à la cabane du berger, repoussantcourageusement les chiens ou les moutons qui s’en approchent. Lorsque les brebiselles-mêmes sont agonisantes, elles appellent douloureusement leurs agneaux et lesexcitent à têter le reste de lait que la nature leur a donné. Quand les brebis ont deuxagneaux et sont obligées de les nourrir, il est convenable de leur donner un supplé-ment de nourriture plus abondant. 11 serait utile d’avoir un enclos d’herbages pré-coces près du lieu de l’agnelage ou de l’habitation du berger, dans lequel pussentêtre placées les brebis qui ont deux agneaux, celles qui ont peu de lait, qui sontmalades ou infirmes, ou qui exigent, pour une cause ou une autre, plus d’attentionet de soins que le reste du troupeau. Quoiqu’il y ait plusieurs doubles parts, on re-garde comme avantageux, chez ces moutons, quand on peut élever autant d’a-gneaux qu’il y a de brebis dans le troupeau, et c’est encore une bonne éducationque celle qui fournit dix-huit ou dix-neuf agneaux élevés pour vingt brebis entre-tenues.
La tonte a lieu de la mi-juin au commencement de juillet; l’époque précise estindiquée par l’entier accroissement de la laine, qui se sépare facilement de la peaulorsqu’on la tire. On commence par un lavage à dos exécuté par des hommes qui setiennent debout dans une mare et lavent chaque mouton séparément, ou plus géné-ralement, lorsque le troupeau est considérable, en lui faisant traverser deux outrois fois cette mare à la nage. Lorsque les animaux sont lavés, on les tient autantque possible sur un terrain propre et élevé où ils ne peuvent pas se salir. Au bout dedeux jours, si le tems est beau, ils peuvent être tondus; mais il vaut mieux at-
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