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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

KACE CIIEVIOT.

saison, quelles nont pas le lait suffisant pour élever leurs petits et que lamour ma-ternel semble être éteint chez elles; toutefois, ce dernier accident est toujours par-tiel, et il est rare que les mères abandonnent complètement leurs agneaux. Dautresfois, les agneaux sont si faibles à leur naissance quils ne peuvent pas se lever deterre et périssent ainsi. Dans quelques cas, le berger est obligé daider les agneauxà têter, et souvent il place la mère et son petit dans un endroit abrité ils peuventêtre traités avec plus de soins. Lorsquune brebis vient à mourir ou quune autrefait deux agneaux, il est obligé de faire nourrir un agneau par une brebis qui aperdu le sien, et il lui faut user de quelques précautions pour amener ainsi lesmères à adopter un agneau étranger. La méthode la plus commune consiste à les en-fermer lun et lautre dans un endroit obscur et étroit, dans lequel on tient lagneauprès du pis jusquà ce quil ait tôté. Dans certains cas, lorsquun agneau périt, onrecouvre de sa peau celui quon veut faire adopter; la brebis, trompée par son odo-rat, se laisse têter delle-même, adopte bientôt le petit orphelin, et le traite avec lamême tendresse que sil était son propre petit. 11 est pénible de voir une brebis dontlagneau vient de mourir se désoler et refuser toute consolation ; si le corps mort esttraîné sur la terre, la pauvre mère le suit jusquà la cabane du berger, repoussantcourageusement les chiens ou les moutons qui sen approchent. Lorsque les brebiselles-mêmes sont agonisantes, elles appellent douloureusement leurs agneaux et lesexcitent à têter le reste de lait que la nature leur a donné. Quand les brebis ont deuxagneaux et sont obligées de les nourrir, il est convenable de leur donner un supplé-ment de nourriture plus abondant. 11 serait utile davoir un enclos dherbages pré-coces près du lieu de lagnelage ou de lhabitation du berger, dans lequel pussentêtre placées les brebis qui ont deux agneaux, celles qui ont peu de lait, qui sontmalades ou infirmes, ou qui exigent, pour une cause ou une autre, plus dattentionet de soins que le reste du troupeau. Quoiquil y ait plusieurs doubles parts, on re-garde comme avantageux, chez ces moutons, quand on peut élever autant da-gneaux quil y a de brebis dans le troupeau, et cest encore une bonne éducationque celle qui fournit dix-huit ou dix-neuf agneaux élevés pour vingt brebis entre-tenues.

La tonte a lieu de la mi-juin au commencement de juillet; lépoque précise estindiquée par lentier accroissement de la laine, qui se sépare facilement de la peaulorsquon la tire. On commence par un lavage à dos exécuté par des hommes qui setiennent debout dans une mare et lavent chaque mouton séparément, ou plus géné-ralement, lorsque le troupeau est considérable, en lui faisant traverser deux outrois fois cette mare à la nage. Lorsque les animaux sont lavés, on les tient autantque possible sur un terrain propre et élevé ils ne peuvent pas se salir. Au bout dedeux jours, si le tems est beau, ils peuvent être tondus; mais il vaut mieux at-

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