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très substances auxquelles on attribue la propriété de détruire lés insectes et deguérir les maladies de la peau, mais qui sont beaucoup moins efficaces que l’ancienmélange pour conserver la santé des animaux.
Dans le traitement moderne de ces moulons, il est de principe de les laisser, au-Lant que possible, pâturer sans les troubler; par ce motif, il est beaucoup moinsusité aujourd’hui, qu’autrefois, de diviser le troupeau de la ferme en un nombre plusou moins considérable de petites troupes, à chacune desquelles on assignait unecertaine étendue de pâturages. Les mêmes motifs ont fait renoncer au parcage denuit tous ceux qui connaissent le mieux le régime le plus convenable pour cetteespèce de moutons, ainsi qu’à l’usage de traire les brebis pendant plusieurs semai-nes après le sevrage; l’expérience ayant démontré que l’épuisement et la perturba-tion qui en résultent rendent les brebis moins propres à supporter les privations etles rigueurs de l’hiver, et moins capables de nourrir leurs agneaux quand arrivel’époque de la parturition. Cependant il est convenable, dans tous les cas, de traireles brebis pendant quelques jours après le sevrage, afin de les obliger à tarir pro-gressivement. Quand on est dans l’usage de traire les brebis pendant plusieurs se-maines, le lait sert à faire du beurre pour la consommation de la ferme, et vingtbrebis peuvent donner cinq livres (1 k° 865) de beurre par semaine.
Le nombre des moulons confiés aux soins d’un berger est de 400 à 500. Lorsquele troupeau se compose de brebis exclusivement, ce nombre est le maximum de cequ’un homme peut convenablement soigner; mais lorsque le troupeau se composede raguins et d’antenois, un berger peut soigner 700 à 800 bêtes. On regarde commeune occupation convenable, pour un homme seul, un troupeau de 400 brebis et 200raguins.
Les bergers de ces contrées montagneuses ne sauraient se passer des services duchien; et, sans ce fidèle animal, leurs efforts personnels seraient insuffisans pourramener les animaux épars, les conduire en troupeaux ou en obtenir enfin tout cequ’on en exige. La race de chiens employée dans les montagnes de Cheviot et lesdistricts pacagers de l’Ecosse , est d’une petite taille et d’un extérieur désagréable,mais appropriée, à un degré remarquable, à l’usage auquel elle est destinée. Cesdociles animaux ne peuvent être surpassés en sagacité ni en fidélité; ils compren-nent le langage de leur maître et semblent presque deviner ses pensées. Toutesleurs habitudes paraissent façonnées pour la vie qu’ils mènent, et lorsqu’on les en-lève à leurs occupations naturelles, ils deviennent tristes, ou tout au moins nemanifestent-ils jamais dans d’autres situations cette admirable sagacité qui les ca-ractérise dans leur vie pastorale.
Tout le traitement de ces moutons montagnards, aussi bien que des autres racesdes parties septentrionales de l’Angleterre, n’est pas, comme on le croit,.semblable