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LE MOUTON.
ItACIi CHEVIOT.
la toison et la tendance à l’engraissement. Les agneaux de ce croisement sont quel-quefois vendus aux bouchers, et d’autres fois nourris jusqu’à ce qu’ils soient ante-nois, parce qu’ils ont la facilité de devenir aussi gras que des Leicester et d’un poidstout aussi considérable; outre l’avantage de pouvoir être amenés à maturité dansdes conditions moins favorables de sol et d’herbages que les Leicester. On peutaffirmer, toutefois, que les avantages de cette opération s’arrêtent au premier croi-sement} et que la progéniture des animaux mélangés est de beaucoup inférieure auxLeicester purs par la forme et l’aptitude à l’engraissement, et aux Cheviot purs parla vigueur de la constitution. Le système des premiers croisemens est employé dansbeaucoup de localités avec un profit considérable. Son plus grand danger, c’est qu’ilpeut introduire insensiblement un mélange de sang Leicester sur les fermes d’élè-ves ; et, bien que ce mélange puisse être avantageux dans quelques circonstancesparticulières, il n’est pas possible de mettre en doute que, sur la généralité des ex-ploitations, dans les contrées élevées et orageuses auxquelles la race Cheviot est sibien appropriée, c’est dans son état de pureté qu’elle doit être conservée. On a re-connu que tout mélange de sang étranger diminue cette rusticité qui est le caractèredistinctif de la race. La belle race des Southdown semble être, de toutes les autres,celle qui conviendrait le mieux pour l’amélioration des Cheviot; encore les expé-riences qui en ont été faites autrefois ont-elles démontré que les animaux croisésétaient fort inférieurs aux Cheviot originaires dans leur appropriation à une contréede montagnes froides et humides.
Nous avons déjà dit que la race Cheviot s’était successivement introduite danstoutes les contrées montagneuses de l’Ecosse . Elle a pénétré, au sud, dans la partiede la chaîne centrale de marécages élevés qui a donné naissance à la race desbruyères. Elle peut s’étendre beaucoup encore dans cette direction, et remplacer ungrand nombre de troupeaux d’animaux mal conformés qui occupent cette chaîne.On l’a conduite dans le pays de Galles, dans les terres élevées de Dartmoor et d’Ex-moor, et aussi, mais en petit nombre, dans le Cornouailles ; dans tous ces pays ellea été reconnue supérieure aux races du pays. Elle a été transportée, par les émigrans,dans les contrées illimitées de la Nouvelle-Galles du Sud ; mais la race mérinos estcelle qui doit être principalement recherchée pour ce pays, où la laine a seule de lavaleur, bien que, comme nous.aurons plus tard l’occasion de le voir, quelques racesà longue laine puissent être importées avec avantage dans cette magnifique colonie.
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