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LE MOUTON.
RACE PENISTONE.
les effets du croisement, soit par la substitution de variétés supérieures. Une racequi semble convenir parfaitement à ce district, au moins tant qu’il restera dans sonétat actuel d’inculture, est celle de Cheviot, qui réussit très-bien dans les contréesoù les pâturages sont couverts de bruyères. Des troupeaux Cheviot ont bien été in-troduits, il est vrai, dans le district de Penistone, mais les fermiers étaient prévenuscontre eux à cause de la petite taille de ces animaux, ne considérant pas qu’ils pou-vaient entretenir un plus grand nombre de ces moutons , plus petits que les leurs,sur la même étendue de terrain, et en obtenir un produit plus considérable en viande,avec moins d’intestins. Les Southdown purs seraient déplacés dans ces âpres pâ-turages, qui ne conviennent pas du tout à une race originaire d’une contrée où l’her-bage est court et délicat; à bien plus forte raison, les races qui ont été employées àcroiser ces grossiers animaux, comme par exemple les Ryeland, l’une des plus char-mantes petites races de la contrée, mais qui diffère dans tous ses caractères de cellede Penistone (1).
portée dans le vocabulaire agricole de nos voisins, et la phrase suivante, qui en développe le sens, devraitbien donner à réfléchir à nos cultivateurs intelligens. Si l’on énumérait toutes celles de nos races, et, danschaque race, même des plus perfectionnées, le nombre des animaux méritant l’épithète de prodigue, on ytrouverait la meilleure explication de notre infériorité agricole, de la misère des agriculteurs, de la chertéde leurs produits, de la pénurie des bestiaux en France , etc., etc. R.
(1) Que de préceptes et de faits précieux dans cette courte notice sur les moutons Penistone, que notresavant auteur n’a pas crus dignes de l’illustration !
1° Influence de la situation : nature géologique du sol, élévation, climat, humidité, végétation, état deculture, distance des centres de consommation, voisinage de races meilleures, dispositions des cultiva-teurs, rien n'est omis de ce qui doit déterminer l’éleveur dans le choix et l’adoption de sa race ; et le savantÉcossais n’hésite pas à nous présenter l’ensemble de ces circonstances comme justifiant tout-à-fait la con-servation d’une race qui lui paraît défectueuse et prodigue. Que cette leçon nous prouve donc combien lanature et l’amélioration du régime dominent toujours le choix à faire d’une race!
2° Education, dans des pâturages plus fertiles, des béliers de cette race pure, destinée aux salaisons,afin d’en relever la taille, par un développement tout-à-fait anormal des mâles reproducteurs, seulement;de préférence à l’adoption de béliers plus gros, de races perfectionnées, mais plus délicates, qu’il serait sifacile de se procurer dans cette eontrée, comme nous le fait remarquer avec soin sir David Low.
3° Distinction importante entre le volume et le poids brut des animaux, et leur poids net de viande, dé-duction faite des issues ; importance de cette distinction en rapport avec la prodigalité des animaux etleur sobriété relative.
4° Inaptitude des races perfectionnées à vivre pures ou croisées , sur certains terrains, dans un état dé-terminé de culture ou d’amélioration, et convenance de ces races quand ces améliorations sont, au con-traire, réalisées.
5° Enfin, dangers et inconvenance de ces croisemens irréfléchis entre raçes parfaitement distinctes, dçcaractères tranchés et contraires. R.
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