L’ancien Wiltshire était une variété de moutons qui couvrait autrefois la majeurepartie du comté de ce nom, et qui était la plus grande des races à laine-fine de l’An-gleterre. Sa tête était grossière et son chanfrein remarquablement busqué. Lesmâles et les femelles avaient des cornes; leurs pattes et leur face étaient blanches;leur laine, très-fine, pesait environ deux livres et demie (1 kilog. 132) la toison;leur viande était de qualité supportable, et les moutons, quoique s’engraissant len-tement, arrivaient à une forte taille.
Cette race fut long-tems considérée comme bien appropriée aux localités dans les-quelles on l’élevait; sa laine était très-recherchée, et un grand nombre de moutonsgras étaient conduits, chaque année, sur les marchés de Londres . Aujourd’hui, onpeut dire que la race pure est à peu près détruite; il n’en reste plus que quelquesdébris épars çà et là; elle a été complètement remplacée par les Southdown, soitpurs, soit en croisemens, continués jusqu’à ce que les caractères distinctifs desWiltshire eussent disparu. Ce fut un bien grand désappointement pour les anciensfermiers de Wilt, lorsqu’ils virent l’envahissement des Southdown et l’anéantisse-ment graduel d’une race qu’on les avait habitués à considérer comme la meilleuredu royaume; aussi quelques-uns d’entre eux affirmaient-ils positivement qu’il nepousserait plus un seul brin d’herbe dans le comté si ces chétifs Southdown, à tètenoire, parvenaient à supplanter tout-à-fait les beaux moutons Wiltshire .
Or, l’aspect de l’ancien Wiltshire offre l’exagération de presque tous les caractères•extérieurs que les éleveurs évitent avec le plus de soin : la tête forte et grossière, lacôte plate, et les membres longs et épais à un degré très-remarquable. En compa-rant ces caractères avec la conformation de la jolie race qui est maintenant élevéedans le même district, nous avons une leçon instructive de la forme qu’il convientde donner aux moutons, et des modifications que le soin des éleveurs peut produire