Buch 
Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
Entstehung
Seite
66
JPEG-Download
 

66

LE MOUTON.

ANCIENNE itACE DU WILTSHIRE .

à cet égard. Lancien Wiltsiûre, toutefois, était remarquablement approprié auxconditions naturelles et artificielles au milieu desquelles il était entretenu : les ani-maux habitant depuis long-tems une contrée de collines calcaires, au milieu desterres, et non exposée aux intempéries rigoureuses, mais entièrement dépourvuedombrages, le pâturage est presque-nul et les animaux obligés de parcourir degrandes distances pour ramasser leur nourriture, ce qui a établi lusage immémo-rial de les conduire, chaque jour, à de grandes distances de leur parc. Des moutonsayant une toison légère, des membres vigoureux et musculaires, et lhabitude desubsister sur de maigres herbages, convenaient évidemment à de telles circons-tances. Non-seulement la toison du Wiltshire est plus légère que celle daucun autremouton de cette contrée, mais son ventre est dépourvu de laine, caractère qui nepeut exister que sur un sol sec et chaud, lanimal na pas besoin dêtre protégépar sa fourrure contre lhumidité de la terre. Mais ces propriétés spéciales ont étélargement compensées par dautres, entièrement contraires aux qualités les plus re-cherchées dans lamélioration des moutons. Subsistant sur un pâturage maigre etaride, les Wiltshire ont acquis lhabitude de sengraisser lentement, et, bien quefort estimés des bouchers, ils nen étaient pas moins lune des races les plus diffi-ciles à engraisser parmi les grands moutons de lAngleterre. Aussi ne peut-on mettreen doute les bénéfices considérables quont retirés les individus et la contrée, de lasubstitution des Southdown à cette race grossière et inculte. On peut se demanderpourquoi lon na pas amélioré le mouton Wiltshire , corrigé les défauts de sa con-formation, conservé sa taille et maintenu la finesse de sa toison? On aurait pu, sansdoute, obtenir tous ces résultats par les soins des éleveurs, appliqués à laméliora-tion de lanimal pendant une période suffisante ; mais ces travaux eussent exigé touteune génération au moins, et les intérêts des cultivateurs se sont beaucoup mieuxtrouvés de prendre ce qui était tout formé sous leur main, que de recourir à la lenteamélioration dune race aussi radicalement défectueuse.

Les figures de la planche XI représentent lancienne race Wiltshire sans aucunmélange de sang étranger, et offrent peut-être le dernier exemple qui sera mis sousles yeux du public dune race autrefois si célèbre et si estimée. Les individus re-présentés font partie dun troupeau entretenu sur une propriété du comté de Wilt,léguée par testament au propriétaire actuel, sous la singulière condition quil y en-tretiendrait un troupeau de moutons de lancienne race Wiltshire parfaitement pure;le testateur ayant adopté cet expédient, afin de perpétuer lexistence de sa racefavorite.

La race Wiltshire peut être considérée comme le type de quelques autres qui onthabité une portion des comtés calcaires du centre de lAngleterre jusquà une époqueassez rapprochée. Lancien Ilampshire peut être rapporté à ce groupe. Les animaux

S)

\