LE MOUTON.
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RACE DORSET.
cipalement ces derniers. Les métis sont excellens, et l’on ne saurait trouver demeilleures nourrices que les mères Dorset .
La conformation des Dorset a une grande ressemblance avec celle des mérinosespagnols. Mais cette ressemblance est tout extérieure, et les propriétés des deuxraces sont très-différentes : ainsi, les femelles de la race mérinos sont mauvaisesnourrices, tandis que les Dorset possèdent plus de lait qu’aucune de nos races demoutons. Dans la largeur et la profondeur de reins de cette race, nous retrouvonsl’un des caractères extérieurs qui indiquent, chez la vache, l’aptitude à la produc-tion abondante du lait. La remarquable fécondité de ces moutons a donné lieu desupposer qu’ils étaient originaires d’une contrée chaude, où les femelles font habi-tuellement deux portées par an. Nous n’avons cependant aucune preuve de ce fait,et nous pouvons penser, en conséquence, que cette propriété est une de celles qu’ilfaut attribuer à la situation ou à quelques circonstances particulières, soit de cli-mat, soit de nourriture, qui échappe à notre observation. Le pays des Dorset estcalcaire; une partie occupe les limites de la formation crétacée et une autre les ter-rains liasique et oolitique; la température est douce, et le pâturage est couvert deserpolet et autres plantes aromatiques. Autrefois, la race était beaucoup plus répan-due en Angleterre qu’elle ne l’est aujourd’hui. William Elus, dans son Guide duBerger , publié en 4749, décrit les moutons de la contrée occidentale comme ayant« la face blanche, les pattes blanches et courtes, les reins larges, et la laine fine etfrisée. » Il dit encore qu’ils sont de différentes tailles, les plus petits étant nourrissur les communaux; qu’ils affectionnent leurs agneaux plus qu’aucune autre race,surtout la variété du Dorsetshire, et il ajoute : «Aussi, les fermiers des comtés deHertford , Buckingham, Bedford, Middlesex , Surrey et Kent, qui veulent avoir unefine espèce de moutons, pour nourrir, engraisser ou produire des agneaux, ne peu-vent-ils adopter une race meilleure. »
Depuis lors, cependant, le nombre de ces animaux a toujours été en diminuant.L’extension des Southdown et des Leicester améliorés a successivement circonscritles limites des anciens Dorset ; et dans les divers comtés du centre et de l’est, danslesquels ils abondaient autrefois, à peine en trouve-t-on quelques troupeaux çà etlà, et encore sont-ils rarement de race pure.
Les métis de cette race avec les Leicester et les Southdown, étant supérieurs à lasouche originale, ont fortement encouragé le mélange des sangs, et l’on peut s’at-tendre à voir s’éteindre les Dorset , aussi bien que la plupart des anciennes races dela contrée, partout où ils ne sont pas entretenus pour satisfaire aux demandes d’a-gneaux gras, précoces, que font les grandes villes, et particulièrement celle deLondres . Pour cette destination, nous ne connaissons aucun moyen de remplacerles Dorset , parce que nulle autre race des Iles-Britanniques ne possède, au même