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LE MOUTON.
RACE DORSET.
degré qu’eux, les propriétés de production hâtive et de fécondité. En conséquence,tant que l’éducation des agneaux précoces continuera d’être profitable, on devraitapporter le plus grand soin à la conservation de la pureté de l’ancienne race, et dé-velopper à l’avenir ces propriétés qu’elle possède à un degré si éminent, parla sé-lection des reproducteurs mâles et femelles. Les animaux les plus purs de la racese trouvent maintenant dans un district environnant Dorchester .
La race Dorset s’étend jusqu’au riche et joli comté de Somerset , où elle est main-tenant élevée en plus grand nombre que dans le Dorsetshire lui-même. Elle offre là,toutefois, quelques caractères particuliers. On la distingue des véritables Dorset par la coloration du nez, qui est carnée ou mouchetée, comme chez le mérinos. LeSomerset au nez moucheté est plus grand que le Dorset au nez noir, et ses formessont plus grêles. La laine est quelquefois plus longue, mais à peu près de la mêmefinesse. Les moutons gras arrivent à un plus grand poids et les agneaux sont plusgrands; cependant, on considère les Dorset comme présentant à un plus grand de-gré de perfection les caractères qui conviennent aux brebis. Pour les Somerset , ondonne ordinairement le bélier aux brebis vers le 10 mai, afin d’avoir les agneaux enseptembre ou au commencement d’octobre.
Dans l’un et l’autre de ces comtés, spécialement dans le Dorsetshire , les South-down font des progrès constans, soit qu’on les substitue à la race indigène, soitqu’on les croise avec elle. Us conviennent mieux pour ces croisemens que les Lei-cester, parce qu’ils produisent des animaux bien conformés et augmentent la valeurde la toison (1).
Les nombreuses variétés du même groupe, qui ont habité les anciens commu-naux, sont maintenant presque entièrement détruites, bien qu’on puisse obser-ver, en certains endroits, des traces de leur conformation caractéristique. Uned’elles, cependant, existe encore dans son état de pureté. Elle habite l’île Portland,où elle a été conservée sans mélange depuis un tems dont l’origine est inconnue. Cespetits moutons ont des cornes chez le mâle et chez la femelle; ils sont jolis et d’une
(1) Quelques tentatives particulières d’introduction des béliers Southdown en France ont donné d’excel-lens résultats; nous avons nous-même, sur un sol calcaire très-maigre, au centre de la France , croisécette race avec la solognotte, chez M. Vilmorin, et les animaux issus de ce croisement avaient beau-coup gagné, sous le rapport de la conformation, de la qualité de la laine, et de l’aptitude à l’engraisse-ment précoce : ne devrait-on pas multiplier ces essais ? et l’importation de Southdown bien choisis ne pour-rait-elle pas avoir lieu par les soins du gouvernement, puisqu’il croit devoir prendre cette initiative pourles Leicester améliorés? II nous semble que les provinces à moutons, généralement calcaires, gagneraientbeaucoup à cette innovation. R.
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