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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

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IIACE MÉRINOS.

des criminels dans le pays, on les accuse de navoir embrassé le christianismeque pour la forme, et dêtre restés mahométans dans le cœur. On accorda trentejours à ces victimes, au nombre de plus de six cent mille, pour quitter Je pays, ettout ce quon put trouver après ce tenus fut mis à mort. LEspagne perdit ainsi, pardes actes dimbécillité tyrannique, la partie la plus industrieuse de sa population.Les conséquences de ce malheur étaient irréparables; mais encore aggravées par laguerre, lémigration et les impôts, elles ont laissé le pays dans un état de langueuret dimpuissance qui a stérilisé les bienfaits dont la nature lavait comblé. Les trou-peaux de ses montagnes lui sont restés; mais lindustrie qui les met en valeur a dis-paru complètement, et, à la place des admirables étoffes créées par lintelligencede sa population, ce sont des produits bruts seulement que le pays exporte main-tenant; encore la valeur de ces exportations diminue-t-elle chaque année.

Nous avons déjà dit que le mouton espagnol appartient à deux classes générales,comprenant : 1° ceux qui produisent une laine longue et qui habitent généralementles contrées cultivées ; et 2° ceux qui produisent une laine courte et frisée, que loirtrouve principalement sur les montagnes, les plateaux et les dunes. Cest à ce der-nier type, de beaucoup le plus nombreux et le plus important, quappartient la raceMérinos , mot dune étymologie douteuse, mais dérivé de ladjectif Merino , appliquépar les Espagnols aux moutons voyageant de pâture en pâture, de même que lemot Merino signifie un juge du pâturage des moutons, et Merinadad , la juridiction dece juge. On a formé de nombreuses conjectures touchant lorigine de cette variété demoutons, si distincte de toutes les races indigènes de lEurope ; mais on ne saitguère, malgré cela, quelle est cette origine, ou par quelle marche progressive cesanimaux remarquables ont acquis les propriétés qui les distinguent. 11 ne paraît pas,cependant, quil faille recourir à de grands efforts dimagination, pour trouver cetteexplication. De tous tems lEspagne paraît avoir été renommée pour la finesse deses laines, et lon peut raisonnablement attribuer ce fait au climat, au pâturage etaux autres circonstances physiques au milieu desquelles les animaux sont natura-lisés. Toutefois, il est permis de penser que la race Mérinos , qui fournit unelaine remarquable, non-seulement par sa finesse, mais encore par labondance dusuint et sa disposition au feutrage, est le produit du mélange de quelques racesétrangères, avec celles de la contrée. Quelques personnes ont prétendu quelle pro-venait des Oves molles, ou moutons à laine fine de lancienne Italie , mais on na passuffisamment justifié cette supposition. Columelle , qui était dans lEspagne mé-ridionale, nous apprend bien quun de ses oncles, du même nom que lui, intro-duisit sur sa ferme, en Espagne , quelques moutons dItalie , à laine fine; mais ilajoute quil sétait également procuré quelques béliers africains , qui furent conduitsà Rome et exposés dans les spectacles publics. 11 est difficile de savoir quelle in-