LE MOUTON.
79
HA CE MÉRINOS.
Afrique des moutons pour améliorer la laine espagnole. Les premiers écrivains quiont assigné une origine anglaise aux moutons à laine fine d’Espagne , ignoraient pro-bablement que, de tous tems, ce pays avait possédé la laine la meilleure et fabriquéles étoffes et tissus les plus fins de l’Europe . En résumé, bien que nous n’ayons pasde documehs authentiques sur ce sujet, il est probable que les moutons d’Afrique ont été employés pour améliorer la laine de ceux d’Espagne . Les Mérinos présentent,d’ailleurs, certains caractères qui les font croire originaires d’une contrée pluschaude que celle où ils sont naturalisés, et ce fut pendant la domination des con-quérans africains que la laine d’Espagne parvint à sa plus grande perfection (4).
Les moutons Mérinos D’Espagne sont de petite taille, leur peau est d’une cou-leur rose-carné , et leur laine est blanche, quoique les poils de la face, des pattes cldes oreilles soient quelquefois noirs. Leur front est couvert d’un toupet de lainegrossière et l’on en voit de semblable sur les joues. Les mâles ont de grandes cornes,contournées en spirale ; les femelles en sont ordinairement dépourvues. Les deuxsexes ont des replis de la peau sous la gorge, qui sont estimés, par les Espagnols ,comme l’indice d’une bonne toison. Les membres sont longs, la côte plate et la poi-trine étroite; la toison est tout-à-fait particulière; elle est tassée, courte et onctueuse,pesant plus par toutes ces causes, proportionnellement à son volume, que celled’aucune autre race connue de moutons. Les filamens de cette laine sont d’uneextrême ténuité et aucune autre ne peut lui être comparée pour le feutrage. Elle nese renouvelle pas annuellement, et peut continuer à croître pendant plusieursannées.
Considérés comme bêtes de boucherie, les Mérinos espagnols sont de médiocrevaleur. Leur viande est de qualité très-ordinaire et ils ont une constitution délicate.Les femelles sont les plus mauvaises nourrices de toutes les races démoulons quihabitent l’Europe . Leur imperfection, à cet égard, est si grande, qu’en Espagne ontue la moitié des agneaux pour que les mères puissent nourrir convenablement lesurplus, les bergers espagnols calculant que le lait de deux brebis est nécessairepour allaiter un agneau d’une manière convenable. Les avortemens sont fréquens,la parturition difficile, et les brebis plus disposées à abandonner leurs agneaux quecelles d’aucune autre race que nous connaissions. Sous ce rapport, les Mérinos res-semblent aux anciennes Oves molles d’Italie , qui étaient remarquables par la délica-
(1) La domination des Maures en Espagne fut une époque de prospérité agricole et industrielle pour cepays, où, de tout tems,. on avait produit une laine renommée pour sa finesse : qu’est-il donc besoin derechercher d’autres causes au perfectionnement de cette branche de l’économie rurale et à la création dela race Mérinos ? L’intelligence des éleveurs, la tranquillité publique et les encouragemens de l’administra-tion durent être des élémens beaucoup plus certains, plus actifs, pour le perfectionnement des races, quel’importation, contestée, de quelques béliers étrangers. R.