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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

l.ACK MÉltliNOS.

tessede leur constitution, leur voracité, leur prodigalité (1), et leur infériorité pourla production du lait. Les mêmes causes paraissent avoir produit des effets sembla-bles; lattention ayant été, dans les deux cas, tout-à-fait concentrée sur la produc-tion de la laine, les autres propriétés, telles que la rusticité et laptitude à produirede la graisse et du lait, ont été complètement négligées.

Quoiquun peu sauvage, le Mérinos espagnol est encore dun caractère très-docile.Aucun mouton ne se place plus tranquillement sous la garde des bergers; et bienque dune maturité tardive, et dun engraissement difficile, il se contente facilementde pâturages secs et peu nourrissans. Lorsquon mélange les Mérinos avec dautresmoutons, ils sy tiennent bien, en recherchant généralement les champs élevés. Lanuit ils se forment en cercle, les béliers et les plus forts moutons se tenant au pre-mier rang, instinct quils ont conservé de leur pays originaire. Ils sont incapables desupporter le froid excessif et lhumidité quendurent les rustiques moutons monta-gnards de lEurope septentrionale ; cependant ils ne paraissent pas très-sensibles auxchangemens de température, dont leur épaisse toison les garantit probablement.

Les Espagnols qui subjuguèrent successivement les royaumes Maures , négligèrentle labourage, et sadonnèrent principalement au soin de leurs troupeaux de moulonset de gros bétail; cest à cette époque que lon fait remonter la formation de cespâturages immenses, qui couvrent une si grande partie du pays. Les écrivains dumoyen-âge parlent de grands troupeaux possédés par des particuliers, et quils éva-luent à trente ou quarante mille chacun. Soit quon eût reconnu que les chaleurscontinuelles des parties méridionales de lEspagne étaient moins favorables à la fi-nesse delà toison, soit convenance ou nécessité de changer de pâturage pendantlété, lusage sétablit de bonne heure de conduire les troupeaux de moutons dansles contrées froides du Nord pendant lété, et de les ramener dans les pâturages duSud aux approches de lhiver. Ces troupeaux nomades sont appelés Transhumantespar quelques personnes; de même que les moutons qui restent toute lannée dans lemême district sont nommés Estantes , ou stationnaires.

Les moutons stationnaires se composent, partie des grands moutons des contréesbasses, partie de races mélangées, et partie de purs Mérinos, qui ne diffèrent desautres que par le mode de traitement. Les Mérinos stationnaires sont élevés dansles districts, ou sur les fermes qui leur offrent une nourriture suffisante pendanttoutes les saisons. Ils sont plus nombreux dans les contrées centrales, les pâtu-rages sont moins desséchés par les chaleurs de lété, comme en Ségovie et dans leschaînes de montagnes au nord de Madrid ,

(1) Unthriftiness, consommation hors de proportion avec le produit quon en obtient; nous prions noslecteurs de se rappeler que nous traduisons ce mot par prodigalité, qui nen rend que très-imparfaitementle sens. K.

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