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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

P. A CE ÏÉIUNOS.

et l’instruction qu’on y donnait, principalement appliquée à la connaissance de lanature de la laine et au traitement des animaux qui la produisent. Des importationssubséquentes eurent lieu, et maintenant une grande partie des moulons de la Hon-grie se compose de Mérinos , soit purs, soit croisés avec les races indigènes. Lesvastes possessions de la noblesse hongroise, quelle que soit d’ailleurs leur effet surl’industrie générale du pays, sont bien appropriées à l’économie rurale mouton-nière, et cette contrée peut maintenant fournir des laines égales en finesse à celledes montagnes d’Espagne . En Bohême et dans presque tous les autres Etats autri-chiens, les Mérinos ont été introduits, et partout ils ont égalé ou même surpassé lestroupeaux dont on les avait tirés. Dans le Wurtemberg, le Hanovre, la Bavière etautres contrées d’Allemagne , les mêmes moyens ont été employés avec succès pourintroduire la race Mérinos .

La race Mérinos , qui s’est répandue dans un si grand nombre de contrées de l’Eu-rope, s’est introduite plus récemment dans les Iles-Britanniques. Georges III ,agriculteur plein de zèle et de patriotisme, résolut d’essayer cette race célèbre surses propres fermes et de rechercher les moyens d’en entretenir un petit troupeau.Cet essai se fit presque en secret; les animaux furent choisis dans les troupeaux dedivers particuliers renommés pour la beauté de leurs lots; on les fit passer par lePortugal et embarquer à Lisbonne. Ils débarquèrent sans accident à Portsmouth , etfurent conduits à la ferme du roi, à Kew. Mais ce troupeau se trouva mauvais; lechoix en avait été mal fait, par ignorance ou par négligence, et les animaux prove-nant de divers troupeaux ne présentaient aucune uniformité de caractères. On réso-lut alors de recourir directement au gouvernement espagnol pour en obtenir la per-mission d’exporter quelques moutons pris dans les meilleurs troupeaux. La requêtefut agréée; un petit troupeau de choix, de la souche Negretti, réputée la meilleurede l’Espagne , fut offert à Sa Majesté par la marquise del Campo di Alange, etSa Majesté lui envoya en retour huit magnifiques chevaux carrossiers. Ce trou-peau arriva en Angleterre en 1791, et fut immédiatement conduit à la ferme royale,où tous les animaux précédemment importés avaient en grande partie péri.

Dans les premiers tems, l’humidité et la richesse des pâturages de l’Angleterrecausa de nombreuses maladies à ces moutons; la pourriture, entre autres, en dé-truisit un grand nombre; et le piétin exerça sur eux des ravages désastreux. Mais unsimple changement de pâturages fit disparaître ces accidens, et, après la premièresaison, les survivans furent accoutumés à leur nouvelle situation; leur progéniturefut complètement acclimatée, et pas plus exposée aux maladies que les moutons dupays. La laine fut soigneusement examinée d’année en année; celle de la souche ori-ginaire n’éprouva aucune altération par le changement de climat; mais on observa