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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

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RACE MÉRINOS.

traitement habile et par la sélection convenable des reproducteurs, surpasser lasouche dont on lavait tirée, par lexcellence de sa toison. Les moyens les plus judi-cieux furent mis en œuvre pour étendre cette branche dindustrie agricole; on éta-blitdes écoles pour linstruction des bergers, on publia des traités, etc. ; et les lainesde Saxe devinrent très-promptement les plus fines de lEurope . Les maîtres bergerssaxons apportent à la sélection desmoutons produisant la laine la plus fine, un soinqui nest égalé dans aucune autre contrée. Les meilleurs animaux sont seuls réser-vés pour la propagation de la race, et, par ce moyen, on maintient ou lon augmente,chez les produits, laptitude de leurs parens à la production de la laine fine. Cest uneapplication des véritables principes de léducation des animaux, et le soin avec le-quel ce système est suivi est la principale cause de celte perfection sans rivale à la-quelle sont parvenus les moutons saxons à laine fine. Ces animaux sont tenus dansdes bergeries lhiver, et leur régime alimentaire est réglé de manière à provoquerla finesse de la laine; la production de la viande étant considérée comme dune im-portance secondaire.

La Prusse suivit la Saxe , dans cette voie daméliorations. En 1768, M. Finke, prèsde Halle, dans le duché de Magdeburg , introduisit quelques moutons saxon-Méri-nos, et, dix ans après, plusieurs Mérinos purs dEspagne . Ces tentatives pour amé-liorer les moutons du pays attirèrent à la fin lattention du gouvernement prus-sien, et, en 1786, Frédéric-le-Grand tira directement dEspagne 100 béliers et 200brebis de pure race Mérinos . La plus grande partie de celte importation périt au-près de Berlin , de diverses maladies; et ceux qui furent envoyés dans diverses autresparties du pays dégénérèrent par la négligence et le manque de soin de ceux auxquelsils furent confiés. M. Finke fut alors chargé de faire une nouvel le importation de 1,000Mérinos purs; et des écoles dagriculture furent établies sous sa propre direction,pour linstruction des bergers, et pour propager la connaissance de la méthode detraitement convenable pour ces moutons. Ces efforts réussirent à propager lamélio-ration , par croisement, des races indigènes, et à démontrer que le Mérinos pur pou-vait être élevé en Prusse sans détérioration des qualités de sa toison. Les animauxsont ordinairement nourris de foin, de paille et de grain, et lon emploie, pour lesprotéger contre les rigueurs de la température, les mêmes précautions qui sont né-cessaires dans les autres contrées septentrionales. Un nombre considérable de Mé-rinos purs ou métis est maintenant produit dans les Etats prussiens. La laine de Si­ lésie , en particulier, occupe le premier rang, et surpasse de beaucoup, en qualité,la laine la plus fine des troupeaux transhumans, dEspagne .

LAutriche entra bientôt dans la voie qui était suivie ailleurs. En 1775, lim-pératrice Marie-Thérèse importa 300 Mérinos en Hongrie , et les établit à lalerme impériale de Meropail. Une école pour les fermiers et les bergers fut établie ;