LE MOUTON.
' 85
RACE MÉRINOS.
traitement habile et par la sélection convenable des reproducteurs, surpasser lasouche dont on l’avait tirée, par l’excellence de sa toison. Les moyens les plus judi-cieux furent mis en œuvre pour étendre cette branche d’industrie agricole; on éta-blitdes écoles pour l’instruction des bergers, on publia des traités, etc. ; et les lainesde Saxe devinrent très-promptement les plus fines de l’Europe . Les maîtres bergerssaxons apportent à la sélection desmoutons produisant la laine la plus fine, un soinqui n’est égalé dans aucune autre contrée. Les meilleurs animaux sont seuls réser-vés pour la propagation de la race, et, par ce moyen, on maintient ou l’on augmente,chez les produits, l’aptitude de leurs parens à la production de la laine fine. C’est uneapplication des véritables principes de l’éducation des animaux, et le soin avec le-quel ce système est suivi est la principale cause de celte perfection sans rivale à la-quelle sont parvenus les moutons saxons à laine fine. Ces animaux sont tenus dansdes bergeries l’hiver, et leur régime alimentaire est réglé de manière à provoquerla finesse de la laine; la production de la viande étant considérée comme d’une im-portance secondaire.
La Prusse suivit la Saxe , dans cette voie d’améliorations. En 1768, M. Finke, prèsde Halle, dans le duché de Magdeburg , introduisit quelques moutons saxon-Méri-nos, et, dix ans après, plusieurs Mérinos purs d’Espagne . Ces tentatives pour amé-liorer les moutons du pays attirèrent à la fin l’attention du gouvernement prus-sien, et, en 1786, Frédéric-le-Grand tira directement d’Espagne 100 béliers et 200brebis de pure race Mérinos . La plus grande partie de celte importation périt au-près de Berlin , de diverses maladies; et ceux qui furent envoyés dans diverses autresparties du pays dégénérèrent par la négligence et le manque de soin de ceux auxquelsils furent confiés. M. Finke fut alors chargé de faire une nouvel le importation de 1,000Mérinos purs; et des écoles d’agriculture furent établies sous sa propre direction,pour l’instruction des bergers, et pour propager la connaissance de la méthode detraitement convenable pour ces moutons. Ces efforts réussirent à propager l’amélio-ration , par croisement, des races indigènes, et à démontrer que le Mérinos pur pou-vait être élevé en Prusse sans détérioration des qualités de sa toison. Les animauxsont ordinairement nourris de foin, de paille et de grain, et l’on emploie, pour lesprotéger contre les rigueurs de la température, les mêmes précautions qui sont né-cessaires dans les autres contrées septentrionales. Un nombre considérable de Mé-rinos purs ou métis est maintenant produit dans les Etats prussiens. La laine de Si lésie , en particulier, occupe le premier rang, et surpasse de beaucoup, en qualité,la laine la plus fine des troupeaux transhumans, d’Espagne .
L’Autriche entra bientôt dans la voie qui était suivie ailleurs. En 1775, l’im-pératrice Marie-Thérèse importa 300 Mérinos en Hongrie , et les établit à lalerme impériale de Meropail. Une école pour les fermiers et les bergers fut établie ;