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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

KACE MÉRINOS.

inférieure à ce quon pouvait en attendre. Les animaux étaient de petite taille, moinsrustiques que leurs ascendans anglais et généralement inférieurs de conformation.Le tems et lexpérience ont si bien confirmé ces résultats, quil existe à peine un seultroupeau de métis aujourdhui, excepté chez quelques amateurs; les éleveurs les ontou complètement abandonnés, ou recroisés avec le sang anglais , jusquà ce que lesdernières traces du sang espagnol eussent entièrement disparu.

Toutefois, au lieu dessayer dimplanter la race espagnole sur la souche anglaise,dautres éleveurs ont conservé les Mérinos purs, et cette expérience a beaucoupmieux réussi que lautre. On a reconnu que taille du Mérinos naturalisé augmen-tait, ainsi que ses dispositions à lengraissement, et le pouvoir lactifère des femelles,et quen apportant une attention suffisante à la production, on améliorait la con-formation extérieure. La laine devint plus longue et perdit un peu de sa ténuité,mais pas notablement ; à la condition, pourtant, que les animaux fussent, comme enSaxe, abrités contre le froid, dont leffet nécessaire est de provoquer une plus grandeproduction de laine pour protéger lanimal. Les Mérinos naturalisés nont jamais puacquérir la rusticité des races indigènes, et périraient immédiatement, sur les mon-tagnes sont acclimatés les races du pays de Galles, Gheviot, et des bruyères àtête noire; néanmoins, on peut conclure, par induction, que ces animaux pour-raient être acclimatés progressivement.

Ce que les cultivateurs de la Grande-Bretagne reprochent à la race Mérinos , cenest pas de ne pouvoir être élevée, habituée au froid et améliorée dans sa confor-mation, tout en conservant à un degré modéré les caractères de sa laine; mais cestde ne pas offrir, comme race, une importance économique égale à celle des animauxquils possèdent déjà. La laine, à la vérité, a plus de valeur et est plus abondanteque celle daucune autre race de moutons que lon puisse élever; mais la laine nestpas le profit le plus important quon puisse obtenir des moutons dans cette contrée,et cest en combinant la production de la viande avec celle de la laine, que les inté-rêts des fermiers peuvent être le mieux satisfaits. La race est dans le pays, chacunpeut se la procurer, et les meilleurs fermiers, après en avoir fait lessai, lont aban-donnée en faveur des races indigènes. Si le fermier anglais devait tirer son prin-cipal produit de la toison, comme le fermier saxon, et fort peu de chose du corps delanimal, il pourrait se livrer exclusivement à lune de ces productions; mais telnest pas le cas dans les circonstances actuelles se trouve le pays, et lintérêt dufermier anglais est tout différent. 11 ne peut pas enfermer les animaux dans des ber-geries pendant la moitié de lannée pour les protéger contre les rigueurs de la tem-pérature et en obtenir une laine plus fine; encore moins les nourrir de foin et degrain, au lieu de leur donner en abondance des racines, des herbages et les plantesfourragères que lagriculture de chaque localité a coutume de leur fournir.