LE MOUTON.
CO
RACE MÉRINOS.
sement européen de cette contrée remarquable eut lieu en 1788, lorsqu’une partiedes criminels anglais fut transportée à Botany-Bay . Pour subvenir aux premiers be-soins des colons en laine et en viande, et établir un troupeau permanent pour l’ave-nir, on importa du Bengale des moutons de la petite race à poils raides qui se trouvedans cette partie de l’Inde . On s’aperçut bientôt que ces chétifs animaux s’amélio-raient notablement par le changement de climat et de nourriture; ils devenaientprolifiques, la quantité de leur jarre diminuait et se trouvait remplacée par une toi-son de laine douce, quoique non encore d’une grande finesse. Celte simple expé-rience fournissait plusieurs preuves de la toute-puissance des circonstances exté-rieures sur la conformation et les caractères des animaux; elle fit renoncer à l’im-portation des moutons du Bengale, en faveur de races supérieures tirées de leur paysde production. Des individus des races Leicester et Southdown furent successive-ment importés comme étant les plus nécessaires à la colonie naissante, qui avaitplutôt besoin d’alimens que de laine. L’expérience réussit complètement, et lecroisement avec ces nouveaux moutons augmenta la taille et la valeur économiquede la race originaire, La laine même de ces croisemens, nonobstant le plus mauvaistraitement de la part des producteurs, fut trouvée égale, ou même supérieure, à laplus fine que Ton produisît dans la contrée-mère, et, douze ans après le premier dé-barquement des expérimentateurs, les moutons de la colonie avaient été portésau nombre de 6,000. Le résultat de ces essais et la prospérité naissante de l’établis-sement provoquèrent, chez quelques riches colons, le désir d’essayer les moutons àlaine fine d’Espagne , qui avaient été récemment introduits dans les Iles-Britan niques . On se procura en Angleterre un petit nombre d’animaux, et le résultatprouva, comme l’expérience l’avait fait pressentir, l’admirable appropriation dupays à l’éducation des moutons, et particulièrement à la production des animaux àlaine fine et douce. Après un petit nombre de croisemens avec la race existante, lalaine obtenue se trouva presque égale à celle des purs Mérinos d’Espagne , et chezles animaux de la race du Bengale qui furent conservés sans mélange, la laine de-vint plus fine et plus douce que chez les individus de la même race entretenus dansles pâturages de leur pays. Les Mérinos sont maintenant importés directement deSaxe, et cette expérience a eu le même succès. Lorsque la race est conservée pure,la laine conserve ses propriétés essentielles avec cet accroissement de douceur etde flexibilité qui est le caractère distinctif des laines de l’Australie . Quelques lots delaines provenant de ces moutons saxons, lorsqu’ils ont été convenablement lavés etpréparés, ont obtenu, sur les marchés anglais , des prix supérieurs à tous les autres,et répandu la croyance que ces colonies prospères approvisionneraient un jour lesmanufactures anglaises d’une laine supérieure à celle de tous les autres pays. Cesespérances étaient principalement fondées sur la douceur particulière de ces non-