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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

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KACE MÉRINOS.

veaux produits, qui convenait admirablement pour un mélange avec les lainesplus rudes de la contrée dans certaines fabrications. Cependant, bien que les lainessupérieures de lAustralie conservent encore une haute réputation, on ne les trouvepas aussi fines que celles de Saxe, et ces dernières sont préférées pour la fabricationdes draps. Il est vrai que cette supériorité peut résulter de la différence de condi-tions dans lesquelles se trouvent les deux contrées. En Saxe, la main-dœuvre està vil prix, et permet daccorder à lamélioration des moutons et de leur laine uneattention quon ne saurait apporter dans un pays mal peuplé, lon ne peut seprocurer des travailleurs à aucun prix. Dans de telles circonstances, on doit néces-sairement préférer un mode rustique de traitement incompatible avec les soins mi-nutieux qui sont nécessaires pour conserver et accroître, au plus haut degré, lesqualités précieuses de la toison; et ce qui surprend le plus, cest moins linférioritédes laines dAustralie sur celles de Saxe, que le peu de supériorité de ces dernières.

La terre de Van-Diemen, située au sud de la Nouvelle-Hollande, entre 41° et 44°de latitude australe, et réunissant une température plus chaude que celle de la con-trée voisine, à un climat moins sujet aux excessives sécheresses, fut abordée par deuxvaisseaux part is dAngleterre avec des condamnés. La première destination de ces dé-portés était Port-Philippe, quils atteignirent dans lautomne de 1805; mais commeon craignit de rencontrer des obstacles à létablissement dune colonie permanentedans ce port, on fit voile pour la rivière Derwent, bientôt après fut fondéeIIobart-Town, capitale de la nouvelle colonie. Les moutons de la mauvaise race in-dienne furent dabord introduits dans la colonie; mais avant Tannée 1820, la pro-duction des moutons à laine fine était tout-à-fait établie. Un troupeau de 300 agneauxmérinos fut importé de Sydney ; mais une tempête entrava la traversée, et 181 seu-lement parvinrent à leur destination, en septembre 1820. Us furent distribués auxcolons voisins de Hobart-Town, et, quelques années plus tard, de purs Mérinosfurent importés de Saxe. Cest ainsi que les élémens dune race de moutons à lainefine furent introduits dans cette île intéressante, la laine, cependant, na pas en-core atteint la qualité de celle produite dans la colonie voisine.

Laccroissement progressif du nombre des moutons, dans ces magnifiques posses-sions, est tout-à-fait sans exemple. En 1810,167 livres anglaises seulement (75 k° 51 )de laine furent importées, en Angleterre,de la Nouvelle-Galles du Sud . En 1820,cette importation fut de 99,418 livres (45,036 kilog.); en 1830, de 973,336 livres(440,921.kilog.); enfin, en 1832, la quantité apportée des deux colonies fut de3,516,869 livres (1,593,142 kilog.); et, depuis cette époque, la progression a suiviune marche constante. Dautres établissemens ont été fondés sur les côtes de la Nou-velle-Hollande, à Swan-River , à Port-Philippe, etc., et, plus récemment, le flot delémigration sest répandu sur les îles charmantes de la Nouvelle-Zélande , pays cou-

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