96
LE MOUTON.
RACE RYELAND.
de Galles , et que possédaient déjà, probablement, les premiers habitans celtes de laGrande-Bretagne. La petite taille de ces animaux, leur sobriété, et la légèreté deleur toison, prouvent qu’ils sont originaires de contrées peu fertiles,peut-être desdistricts forestiers, qui, tant qu’ils restent couverts de bois, ne produisent jamaisque des herbes peu nutritives. 11 faut observer, d’ailleurs, que le comté de Hereford,aujourd’hui si riche et si beau, était autrefois couvert de forêts entremêlées d’im-menses communaux, qui restèrent long-tems incultes et stériles; en sorte qu’il se-rait imprudent de conclure, de l’état actuel de ce pays, qu’il n’était pas convenable,jadis, à l’entretien d’une petite race de moutons. D’ailleurs, la nature de la lainellyeland, réputée la première de toutes pour sa finesse, dut contribuer à la conser-vation de la race pure, avec presque tous ses caractères primitifs, long-tems encoreaprès que le comté de Hereford fut devenu assez fertile pour nourrir des animauxplus grands.
La laine de la race Rveland fut long-tems considérée comme la plus fine que pro-duisaient les Iles-Britanniques . L’ancienne cité de Leominster étant le centre dupays où elle se trouvait et le marché où on la vendait, lui lit donner le nom de laineLemster, ou Pays Lemster. Drayton , qui écrivait sous le règne de Henri VIII , com-pare la laine des collines Cotswold avec les toisons plus légères du Lemster, etattribue à ces dernières une finesse supérieure. Camdex, en décrivant la ville deLeominster , «aussi appelée, dit-il, Léon Minster et Monastère du Lion, d’un lionqui était apparu en songe à un religieux », dit : « Ce qui contribue le plus à la réputa-tion de cette ville, c’est la laine produite sur le territoire qui l’environne (nommépays de Lemster), à laquelle on n’en peut comparer aucune de celles que produitl’Europe continentale tout entière, excepté celles de la Capitaliste et de la terred’Otranle. »
Jusqu’à une époque assez rapprochée de nous, on avait adopté, pour les moulonsde cette partie de l’Angleterre, un mode de traitement qui avait pour but de conser-ver et d’accroître la linesse de la laine. Les animaux étaient enfermés la nuit dansde grandes bergeries nommées cots ou cabanes, pouvant contenir de400 à 500 mou-tons. Cet usage fut probablement adopté, jadis, pour protéger les troupeaux contreles loups, qui étaient alors très-nombreux dans les forêts des comtés de l’ouest; onl’aura peut-être continué par habitude; mais l’expérience est venue démontrer qu’ilétait très-favorable à la conservation et à l’amélioration de la finesse de laine quidistinguait cette race. Les animaux, dans ces bergeries, étaient médiocrement nour-ris avec des pailles de pois et autres fourrages'secs; régime éminemment favorableà la production d’une laine courte et line.
Les llyeland modernes, partout où on les trouve encore, conservent la petite tailledelà souche dont ils proviennent. Leur forme est compacte, et leur viande juteuse;
fl
\