LE MOUTON.
07
RACE RYELAND.
et délicate. Ils sont gracieux, bien conformés, et supportent admirablement unemaigre ebère. Les deux sexes sont privés de cornes; toute leur toison est blanche,et la laine s’étend jusque sur la face, où elle forme un toupet sur le front. Cettelaine est encore la plus üne que Ton produise en Angleterre; cependant, elle estinférieure, sous ce rapport, à celle des Mérinos d’Espagne, et moins propre aufeutrage et à la fabrication des draps; aussi, depuis l’immense développementqu’ont reçu les importations de laines d’Espagne et d’Allemagne , la valeur de lalaine Ryeland a considérablement diminué. D’ailleurs, les moutons sont petits, etinférieurs, en valeur économique, à ceux que le pays peut entretenir; en sorteque l’éducation de cette race a constamment été en diminuant, et qu’elle a mainte-nant presque cessé d’exister à l’état de pureté.
La petite taille des Ryeland a fait tenter d’innombrables essais de croisemens,dans le but d’augmenter le poids des animaux tout en conservant la finesse de lalaine. Ces expériences ont échoué, comme on pouvait le prévoir, sous le rapport dela conservation des qualités de la laine; mais elles ont eu pour effet d’augmenterla taille des métis. Le système de croisement qui obtint surtout la plus grande fa-veur, et dont on se promettait les plus heureux résultats, était celui avec les Méri-nos espagnols, à l’époque de l’importation, en Angleterre, de cette race si vantée;de grands efforts furent laits, par des particuliers et des associations, pour intro-duire le sang espagnol , et de merveilleux calculs furent établis, pour prouver lesimmenses bénéfices que devaient en retirer les manufactures de draps du pays. Leteins et l’expérience ont malheureusement prouvé tout ce que de telles promessesavaient de fallacieux, cl donné aux agriculteurs une leçon instructive sur les prin-cipes de l’élevage. Le premier croisement promettait bien ; mais, en élevant les pro-duits des métis, on trouva que leur laine était fort inférieure à celles de la soucheespagnole, et qu’ils étaient beaucoup moins rustiques, moins bien conformés, etmoins disposés à l’engraissement, que les animaux de la race anglaise pure. Les croi-semens ne tardèrent pas à diminuer notablement, et l’on ne tira de ces expériencesaucun résultat utile. On avait prétendu que les races Mérinos et Ryeland étaientidentiques; une connaissance plus approfondie de l’une et de l’autre fit bientôt recon-naître les différences remarquables qui les distinguent, et démontra que s’il y avaiten Angleterre quelque race qui fût appropriée au croisement, avec le Mérinos ,c’était la Dorset et la Somerset à nez moucheté, mais non la petite Ryeland. Cedernier croisement est abandonné depuis long-tems; cependant on trouve encore,dans le nombre des troupeaux du comté de Hereford, et de ceux qui l’avoisinent,des traces du mélange espagnol .
Quelques éleveurs se sont efforcés d’améliorer la race indigène par la sélectiondes individus et une meilleure alimentation; mais cette race est naturellement pe-