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LE MOUTON.
RACE RYELAND.
tite, et il faudrait peut-être un grand nombre de générations avant de lui faire perdrece caractère. C’est ce motif qui a conduit à tenter le croisement avec des animauxplus grands, tels que les Southdown, les Leicester et les Cotswold; encore a-t-onreconnu qu’aucune de nos races ovines ne présentait plus de difficultés à se laisseramalgamer avec d’autres que l’ancien Ryeland; et ces divers croisemcns ont pro-duit pendant Jong-tems, dans le comté de Hereford, un grand nombre de mauvaismoutons. On a fini par reconnaître que la meilleure chose à faire était de substituer,tout d’une fois, la souche pure étrangère que l’on voulait entretenir, et, depuislors, un grand nombre de moutons, principalement Leicester et Cotswold, ontété élevés dans le pays, où la race Ryeland diminue, chaque année, de plus enplus. C’est dans l’un des rares troupeaux de Ryeland purs, entretenu dans lesparties basses du comté de Hereford, que les portraits de la planche XIV ont étépris. Ce troupeau appartenait à feu M. Tomkins, de Kingspion, améliorateur dis-tingué de la race moderne des bestiaux de Hereford. M. Tomkins a persévéré dansla conservation de la race indigène de son'comté, et il a réussi à lui communiquerles formes les plus symétriques; mais il n’a pu parvenir à augmenter suffisammentsa taille, pour lui donner une valeur économique égale à celle des races qui l’ontsupplantée.
Toutes les variétés de cette race, autrefois célèbre, ont plus ou moins subi lemême sort. Une variété très-renommée habitait la forêt de Dean , contrée de forma-tion carbonifère, qui s’étend entre la Sevcrn et la Wyc. Ce pays était autrefois cou-vert de l’une des forêts les plus impénétrables de l’Angleterre, — «tellement sombreet effrayante, dit Camden, par l’entrelacement et l’épaisseur des branchages, et l’af-freux ombrage qui en résulte, qu’elle rend les habilans cruels et les prédispose aubrigandage.» Mais la découverte de mines, dans cette forêt, fit successivementarracher le bois, si bien qu’à la longue il disparut presque entièrement, et fut rem-placé par une espèce de moutons fort estimée, jusqu’à nos jours, pour la finesse desa laine. La race Dean-Forest n’existe plus maintenant dans son état de pureté; elles’est absorbée dans les croisemens de toute nature qui en ont été faits. Une variétésemblable occupait les collines Malvern, sur les confins du comté de Worcester ;mais là, comme ailleurs, les troupeaux sont également devenus un mélange deraces diverses. Plusieurs variétés des mêmes moulons, sans cornes, habitent les dif-férentes forêts et les communaux du Shropsbire. La race Chum-Foresl a une toisondu poids de 2 à 3 livres (9 à 14 hectogr.); et la race Shawberry, quelquefois appeléeGrapaiidine (1), à cause de sa petite taille, a la laine d’une douceur et d’une ténuitéextraordinaires. On ne trouve plus maintenant que quelques débris de ces variétés
(I) Tadpole, littéralement : petit crapaud.