LE MOUTON.
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RACE SOUTHDOWN.
tes succulentes, les éleveurs du Sussex ont trouvé les moyens de traiter assez bienleurs animaux pour en lmter la maturité, en même tems qu’une attention plus sou-tenue était donnée au choix des reproducteurs, et au développement de toutes cesqualités qui indiquent une tendance à la précocité des muscles et de l’engraisse-ment. L’amélioration de la race Southdown commença à peu près à l’époque de laguerre d’Amérique; mais ce ne fut qu’au commencement des démêlés avec la répu-blique française qu’elle reçut sa principale impulsion, qui dure encore aujourd’hui.Entre les hommes les plus distingués comme améliorateurs de cette race, feu JohnEllman occupe l’un des premiers rangs. Ce gentilhomme commença son importanteexpérience vers l’année 4780, lorsqu’il entra en possession de la ferme de Glynde,près Lewis, dans le comté de Sussex. 11 resta plus de cinquante ans dans celte ferme,pendant lesquels il dirigea son attention, d’une manière spéciale, vers l’améliorationdes moutons indigènes des dunes. 11 poursuivit avec zèle, persévérance et jugement,son système de modification progressive, et l’on peut le considérer comme l’un deséleveurs les plus habiles et les plus heureux que cette contrée ait produits. 11 nemontra jamais cet égoïsme étroit et sordide que l’on regrette de trouver dans les pro-cédés de M. Bakewell , son contemporain distingué. 11 communiquait volontiers lesdétails de son excellente pratique, et paraissait être lui-même complètement exemptde préjugés illibéraux. 11 n’avait pas, comme il le disait, la prétention de créer unerace; mais il employait avec bonheur tous les moyens dont il pouvait disposer, pouraméliorer celle qui était naturalisée déjà dans les dunes de Sussex. 11 ne poussait àl’extrême aucun de ses principes d’éducation, et les modifiait, au contraire, au grédes circonstances et de son jugement. II s’attachait à rechercher la force de la cons-titution et la santé tout autant que la bonne conformation et l’aptitude à l’engraisse-ment, en sorte qu’il ne dût pas, comme Bakewell , se concentrer strictement dansle sang de sa propre souche ; il recourut, au contraire, à d’autres troupeaux pour in-troduire dans le sien une nouvelle vigueur et prévenir l’affaiblissement de ses ani-maux. 11 rechercha, en un mot, ce qui était réellement utile; et, bien qu’il tirâtune juste rémunération de son industrie et de son savoir, il n’obtint jamais cetterécompense par aucun acte de charlatanisme, de mauvaise foi ou d’ostentation ex-traordinaire. Son caractère brillait par sa complète sincérité et sa mâle simplicité;aussi peut-on dire, avec bonheur, qu’il termina sa longue et honorable carrière, res-pecté et regretté de tous ceux qui lurent à même d’apprécier ses rares vertus sociales.Il mourut en 4832, dans sa quatre-vingtième année.
Les contemporains et les successeurs de M. Ellman ont continué, avec un succèsmérité, le perfectionnement de la race Southdown, et Ton peut dire que ce perfec-tionnement est maintenant porté à sa dernière limite sous le rapport de la précocitéet de l’aptitude à l’engraissement que cette race semble pouvoir acquérir. Le système
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