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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

LAINE.

La laine des différentes races ou familles de moutons diffère considérablement parla longueur de la mèche, la finesse et la douceur des lilamens; et non-seulement onobserve ces propriétés diverses chez des moutons de races distinctes, mais encore,dans la toison dün même animal, la finesse et la douceur de la laine varient sur lesdiverses parties du corps qui la produisent. En général, celte laine devient moinsline à mesure quon descend du cou vers les extrémités, de sorte que la laine desfesses est plus grossière que celle du dos et des flancs. On sépare, dans chaque toi-son, les parties plus fines des plus grossières, et Ton forme dans ce tri autant de

qualités quil y a de sortes de laines, ou que la fabrique le réclame. Le nombre de

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ces sortes varie de six à dix, ou même davantage dans quelques circonstances. La(oison étant déroulée, louvrier, devant une table faiblement éclairée, et saidant àla fois des yeux et du toucher, forme les lots divers, basés sur la finesse des filamens.Chaque lot, dabord jeté dans un panier distinct, placé auprès de louvrier, est en-suite emballé séparément, pour être livré au manufacturier selon sa demande. Cetteopération est quelquefois accomplie sous la direction des manufacturiers eux-mêmes,mais plus communément par une classe dindustriels appelés marchands de laine,qui achètent la matière première chez les producteurs, et la livrent au manufactu-rier lorsquelle est assortie. Cet assortiment se pratique avec une grande perfection,connue tous les arts mécaniques, lorsque les hommes y sont exercés par un appren-tissage régulier.

La laine reçoit admirablement les couleurs quon lui applique par les procédés deteinture; elle est supérieure àla soie sous ce rapport, et plus encore au coton et àtoutes autres substances végétales. La laine blanche prend plus facilement la matièrecolorante que celle qui est noire, les parties fines de la toison plus facilement quecelles qui sont grossières, et la laine des moutons en bonne santé plus facilementque celle des moutons malades. La couleur naturelle de la laine est souvent noire, etdes filamens de celle couleur sont fréquemment mélangés avec la laine blanche. Cemélange est considéré comme un grand défaut, les filamens noirs étant incapablesde recevoir, à la teinture, les nuances claires et délicates; on y est dailleurs plusexposé avec les races de moutons qui ont la face et les pattes couvertes de poilbrun.

On distingue les diverses espèces de laines, par la longueur de la mèche, en longueet courte. Les laines longues sont produites par les grands moutons de plaines, etont une mèche de sept pouces et plus (environ 18 centimètres). Les laines courtessont produites par les petits moutons des montagnes, des dunes, et généralementdes contrées plus sèches et moins fertiles; elles ont une mèche de deux à quatre pou-ces (5 à 10 centimètres).

On prépare la laine au tissage par deux procédés entièrement différons dans leur