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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

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LAINE.

Effet et leur mode d’exécution : le premier est appelé peignage, et prépare la laine àêtre filée pour la fabrication des étoffes claires, dites de laine-lisse; le second senomme cardage, et dispose la laine à être filée pour l’usage des manufactures dedraps.

Le procédé du peignage consiste à diviser la laine au moyen d’un peigne à dentsd’acier fin, agissant comme le ferait un peigne ordinaire sur des cheveux noués ouenmêlés. Le peigne est tenu chaud, et la laine huilée, pour pouvoir glisser plus faci-lement entre les dents. De cette manière, les fîlamens sont lissés et arrangés brin àbrin, à peu près comme les fibres du chanvre et du lin; après quoi ils sont tirés audegré de finesse que l’on désire, et tordus ou filés pour former la laine lisse. Onpeut donner à ces fils tous les degrés de finesse, selon la nature des étoffes à la fa-brication desquelles ils doivent servir, depuis les plus grossières et les plus fortesjusqu’aux articles les plus délicats de la draperie et de l’habillement. La finesse àlaquelle on peut amener ainsi la laine excède tout ce que l’on peut imaginer. On acalculé que, dans la filature ordinaire, àNorwicb, un kilogramme de laine pou-vait fournir environ 27,000 mètres de longueur, et, dans la filature superfîne, jus-qu’à 79,000 mètres; en sorte qu’une toison de trois kilogrammes pourrait fournir unfil de 237,000 mètres environ de longueur. Ce degré de finesse peut même être beau-coup dépassé : M. Lbccock mentionne un cas où une livre de laine (453 grammes),•-produite par un mouton élevé chez sir Joseph Banks , a donné, filée par unefemme, 153,599 mètres de fil. L’exportation des laines lisses filées était autrefoisinterdite par une loi; elle est maintenant autorisée, et forme une branche impor-tante cl très-lucrative de notre commerce extérieur.

La préparation de la laine cardée, pour les manufactures de draps, a lieu par desprocédés entièrement différons. Bien loin de laisser les filamens entiers et de lesdisposer parallèlement les uns aux autres et à la direction du filage, on les dé-chire cl on les hache en innombrables petits fragmens que l’on mélange entre eux ,dans toutes les directions. Par la disposition vrillée qui est caractéristique de lalaine, chaque filament ou portion de filament se courbe à son extrémité, et les par-ties coupées ou divisées tendent à s’accrocher les unes aux autres, de telle sorteque, lorsqu’on déchire violemment une portion de cette laine, ses fragmens restentadhérons, et peuvent encore être tissés ou filés. Le brisement de la laine par la cardes’accomplit au moyen de machines; mais le principe de ce procédé peut être comprispar l’exposition suivante :

Que l’on sc figure une planche fixée à une poignée, et sur cette planche, un grandnombre de crochets en fil de fer implantés et courbés dans une direction parallèle.Ces crochets sont en partie emplis de laine. Une autre planche, armée des mêmesfils de fer ou dents, est alors placée comme si ses dents devaient passer entre celles