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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

LAINE.

de la première planche, et, par l’action répétée de ces deux cardes, la laine est di-visée en petits fragmens qui s’enlacent les uns aux autres, grâce à la propriété quenous venons de rapporter, et sont disposés en longs rouleaux ou cardes, qui, lors-qu’ils sont étirés et tordus, forment le fil.

Ce mode particulier de filer la laine est en rapport avec l’espèce de tissu qu’elledoit fabriquer, et particulièrement le drap, qui est une étoffe d’une texture denseet serrée, tandis que les étoffes fabriquées avec des laines lisses sont d’une textureplus légère et plus claire. Les draps acquièrent leur plus grande densité au moyend’un procédé nommé foulage, ou feutrage.

Le foulage est basé sur la tendance des filamens de laine à s’unir sous l’influencede la pression et de l'humidité. En la comprimant lorsqu’elle est humide, une massede laine devient un corps dense comme celui des chapeaux ou castors, qui sontformés de laine et de poils d’animaux également comprimés à l’état humide. Par ceseul procédé, et sans l’intervention de la filature et du tissage, on peut même fairedu drap; ainsi, dans l’ancien tems, et encore aujourd’hui chez quelques peuples duLevant, on fabrique, par le feutrage seulement, des bonnets, des manteaux, descouvertures, des tapis et des étoffes pour couvrir les tentes. Des expériences, faitesrécemment en Angleterre, ont prouvé que l’on pouvait fabriquer aussi, par ce pro-cédé, des draps assez bons, sous le rapport de la finesse et de la durée. Cette propriétéparait dépendre de la conformation des filamens dont nous avons parlé précé-demment. Chacun de ces filamens semble être entaillé, dans toute sa longueur, parune série de petites dépressions formées par les lanres écailleuses du poil, dont ladisposition ressemble à celle des feuilles d’artichaut, et qui sont toutes diri-gées en pointe, de la base à l’extrémité. Lorsque, par le cardage, les. filamenssont coupés en petits fragmens, les parties se trouvent entremêlées dans toutes lesdirections, et la pression tend à les réunir en les plaçant tête bêche. Le peignage,au contraire, disposant les filamens dans une même direction, ne leur donnepas une tendance aussi forte à s’agréger.

Dans les manufactures de draps, on ne foule qu’après le tissage, et, dans toutesles opérations préliminaires, on prévient l’adhérence des filamens par l’emploi del’huile; mais, lorsque le drap est tissé, on le foule pour en extraire la matière hui-leuse. Cette opération se fait à la mécanique, et consiste à presser le drap dans l’eauavec de la terre glaise, dont la matière alumineuse se combine avec l’huile du tissu.C’est en exécutant cette opération que les fils adhèrent les uns aux autres, en sorteque le drap devient plus épais, et peut être coupé sans s’effiler.

11 est facile de comprendre, par ce qui précède, qüc si l’aptitude de la laine au feu-trage est une propriété fort importante pour la fabrication des draps, elle n’est pasdu tout nécessaire pour les étoffes lisses qui se préparent avec des laines peignées.

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