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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

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LAINE.

qu’à ce jour, et qu’à cet égard notre supériorité ne peut être maintenue qu’à lacondition de fournir nos produits à meilleur marché; or, en admettant que, par unmonopole arbitraire, les producteurs parvinssent à élever momentanément le coursdes laines indigènes, rien ne prouve qu’ils n’abandonneraient pas un moyen plussur et plus durable d’arriver au même but, et qui résulterait, notamment, d’un ac-croissement dans la demande, pour les besoins des manufactures. 11 est permisde croire que la mauvaise mesure réclamée par eux, inutilement, par bonheur, nesera jamais adoptée; et que le commerce des laines, étendu au monde entier, a étéplacé sur des fondemens beaucoup plus sûrs que s’il eût été enfermé dans les limi-tes étroites et précaires du monopole et des restrictions.

De tout lems, le commerce des laines d’Angleterre a été protégé par les lois, etlong-tems on l’a considéré comme l’une des branches principales de l’industrie dupays. Les Romains étendirent et perfectionnèrent les procédés de filature et de tis-sage en Bretagne , comme dans leurs autres provinces, et ils firent prendre aux ha-bitans la mode de se vêtir de drap comme eux. Ils établirent des factoreries, entrelesquelles celle de Winchester fut long-tems renommée. Mais les vêtemens du peupleétaient, pour la plupart, filés et tissés par ceux qui les portaient, conformément àl’usage généralement établi, au début de la civilisation, dans tous les pays barbares.Les femmes étaient principalement chargées de ce soin, d’où le nom de spinster, quiest en usage de tems immémorial (1). Edouard-l’Ancien , qui mourut en 925,épousa, dit-on, la fille d’un berger, c’est-à-dire d’un indigène de la classe moyenne;et voulant que ses enfans reçussent une éducation princièrc, « il envoya ses fils àl’école et ses filles apprendre à filer la laine, a l’exemple de Giiaules-le-Conqué-RANT (2). »

Depuis les princes normands, la situation du commerce des laines nous est connuepar les actes de coutumes, subsides, amendes, etréglemens fiscaux. La laine formaitle principal revenu du prince, et était le sujet d’exactions perpétuelles contre lepeuple. Quelquefois, les subsides en laine se payaient en nature, mais plus géné-ralement au moyen de droits élevés, imposés sur la vente ou l’exportation de cettematière. Dans ces premiers tems, on n’exportait que la laine brute; on la conduisaitprincipalement dans les Pays-Bas, où elle était manufacturée en draps et en étoffeslisses par les Flamands, qui étaient à cette époque les grands tisserands de l’Europe septentrionale. Ces peuples industrieux conservèrent long-tems leur supérioritédans la fabrication des tissus de laine, et acquirent , pendant cette période, ces ri-

(1) Nous n’avons pas cru devoir traduire le mot anglais spinster, qui sert à désigner, dans les actes pu-tilles, les filles qui sont au dessous des filles de vicomte, mais qui signifie littéralement pileuse.

(2) Chroniques de Fabien.